Le levier et la roue

J’ai un ami (c’est pas moi, je le jure) qui explique ainsi pourquoi il n’aide pas les autres à déménager:

Un jour, l’homme a découvert un principe fantastique: le levier. Fait que moi, je force pas.

Quand je vois des gens courir, je pense toujours à cette autre fabuleuse invention humaine: la roue. Se déplacer à pied, on devrait réserver ça pour quand on n’est pas pressé. S’il faut aller vite, prenons un vélo. C’est le moyen de transport qui offre le meilleur rapport entre la dépense d’énergie et la distance parcourue. La preuve: moi-même, qui suis loin d’être en forme, peux battre le meilleur coureur au monde sur la distance d’un marathon, tant qu’on me laisse utiliser mon vélo, qui vaut lui-même moins cher que les souliers portés par le marathonien. Et je pourrai repartir sans problème, alors que le coureur sera au bout de ses forces et aura mal partout. La course, c’est violent pour le corps.

Marathon de Montréal 2009

Ce matin, les marathoniens passaient à côté de chez moi. Je les ai regardés un peu. Mais j’étais incapable de les applaudir. Je n’ai pas vu un seul sourire. Tout ce que j’ai vu, c’est de la souffrance. Comme je suis un peu masochiste moi-même, je peux comprendre. Compatir, même. (Vous auriez dû me voir grimacer en les regardant.) Mais admirer? Applaudir? Franchement, non.

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