Long ou large? Les résultats du sondage

La semaine dernière, je posais la question à mes fidèles lectrices et lecteurs: en matière de pénis, vous préférez la longueur ou la circonférence?

La science a tranché: vous préférez la circonférence! On peut parler d’une victoire serrée, par 15 voix contre 10. Êtes-vous d’accord ou non avec le choix du pubic?

Avec le recul, je crois que j’aurais préféré formuler ma question ainsi: « Imaginez un partenaire sexuel qui dispose d’un pénis que vous considérez moyen à tous égards. Si vous pouviez agrandir l’objet dans une seule dimension, laquelle choisiriez-vous? »

Un gros merci à ceux et celles qui ont participé!

Contretemps

Note: ce texte est un exercice d’écriture proposé par Martin Winckler.

Il part aujourd’hui. Je vais manquer ça. Maudite labyrinthite. Je me suis levée ce matin et je suis littéralement retombée par terre. Moi qui avais tout planifié.

J’avais imaginé que ça commencerait comme d’habitude. Il passerait près de mon bureau, m’effleurerait la main de son doigt. La première fois qu’il l’avait fait, j’en avais frissonné. On ne me l’avait pas présenté, mais je l’avais remarqué tout de suite. Probablement un stagiaire, que je me disais. Grand, blond, les gestes doux et précis quand il mangeait. Il avait toujours un lunch, dans des petits plats tout propres. Préparé par sa mère? Je m’en foutais, c’est lui que je dévorais des yeux. Il a dû remarquer.

Puis il continuerait son chemin, vers un de nos endroits de prédilection. Au début, on se servait surtout de la toilette. Celle des handicapés, qui est privée, qu’on peut barrer et qui nous offre de pratiques barres de soutien. Tout au long de l’été, on avait trouvé d’autres bons lieux. Aujourd’hui, ce serait la cage de l’escalier qui descend au 18e. Un vestige d’avant les compressions, quand nous avions deux étages. Maintenant elle ne sert plus à rien: le 18e est barricadé. On ne peut pas s’y embarrer, mais plus personne ne s’y rend, alors c’est idéal pour nous. Une minute plus tard, je le rejoindrais.

Ça se passait toujours en silence. Peur d’attirer l’attention? Gêne mal placée? J’ignore encore son nom. Je n’oserais pas m’informer à des collègues; ça ferait jaser. J’imagine qu’on jase déjà, mais je préfère ne pas y penser. Aujourd’hui, pour la première fois, j’allais lui parler. « Je veux continuer à te voir. » Il aurait été d’accord, bien sûr. Nous aurions pris rendez-vous. « Chez moi ou chez toi? » Chez moi, évidemment. Il habite bien chez sa mère. Demain? « Demain. »

Ça ne durait jamais longtemps. Une dizaine de minutes, pas plus. Au fil de l’été, nous avons vécu une longue première nuit d’amour, découpée, décuplée. Lui que j’aurais cru hardi, violent presque, était plutôt timide au début. Peut-être était-il encore vierge? Chaque jour, il me revenait plus habile, plus vaillant. Je le moulais à mes envies. À la fin, il me faisait jouir plus souvent que je pouvais lui rendre le pareille.

Demain, il serait venu chez moi. Nous aurions pris tout notre temps, pour une fois. Nous aurions pu rassembler tous les morceaux. Les mains, les langues, les sexes, sans interruption, pendant des heures. J’aurais joui comme je n’ai jamais joui. Et il aurait joui lui aussi, avec moi, en moi. Comme je l’attends depuis des mois. Enfin.

À la place, je suis clouée au lit, la tête qui tourne, le sexe qui coule, qui pleure. Et j’espère qu’il me cherche, qu’il s’inquiète. J’espère qu’il avait fait des plans comme les miens. Qu’il veut continuer à me voir, lui aussi. Qu’il n’est pas en train de me ranger avec les autres bons souvenirs de son premier stage. J’espère qu’il s’informe de moi. Qu’on lui donne mon adresse courriel, quelque chose, n’importe quoi.

Que ce ne soit pas fini.

Le stupre et la fornication

Je vous ai déjà parlé d’xkcd, un webcomic pour les geeks. Son dernier strip m’a bien fait rire:

Ça m’a rappelé une partie de Boggle en famille, durant laquelle mon père avait trouvé le mot « stupre » (6 lettres, 3 points!) dans la grille de 16 lettres. Je ne me souviens pas de mon âge, mais ça ne faisait pas encore partie de mon vocabulaire. J’avais demandé:

– Qu’est-ce que ça veut dire?
– C’est comme dans l’expression « le stupre et la fornication ».

Évidemment, ça ne me disait rien de plus, mais il était clair que la discussion était close, et que j’allais devoir attendre un autre moment pour chercher ce mot dans le dictionnaire.

J’ai envie de crier à xkcd: « Si mon père peut le faire, toi aussi. Clitoris FTW! »

Accessoirement, j’ai aussi envie de lui dire que l’option ‘OSTRICH’, qu’il mentionne dans le TITLE de l’image (laissez votre souris au-dessus pour voir ce texte apparaître) le priverait du bonus de 50 points alloué pour l’utilisation de toutes ses lettres.

Naughty girls need love too

Est-ce qu’une fille peut se permettre de coucher avec un gars dès la première date? La sagesse populaire dit que ce n’est pas une bonne idée, parce que la fille va passer pour une « fille facile » et que le gars va se pousser dès qu’il aura eu son nananne. Cette pauvre femme ne trouvera jamais un homme pour l’aimer vraiment. Mes contre-arguments:

Si c’est ce genre de gars, il va se pousser de toute façon dès qu’il aura épinglé sa cible à son tableau de chasse, que ce soit après une ou trois dates. Autant régler ça le plus tôt possible plutôt que d’essayer de transformer artificiellement une baise d’un soir en idylle, non?

Mais le plus important, c’est qu’en agissant stratégiquement, selon ce qu’elle conçoit plutôt que selon ce qu’elle ressent, la fille qui se refuse ce plaisir s’empêche de démarrer une relation du bon pied. Si tu es une jouisseuse qui aime le sexe, tu as besoin d’être aimée par un gars qui aime ce trait en toi. En le cachant dès le début, tu empêches peut-être le bon gars pour toi de t’aimer et tu encourages peut-être le mauvais à s’amouracher.

Il n’y a pas d’intérêt à cacher sa vraie nature dans une histoire d’amour. Elle sortira au grand jour tôt ou tard, et c’est préférable de s’aimer pour ce qu’on est vraiment que pour ce qu’on pense que l’autre voudrait qu’on soit. En fait, c’est la seule façon d’être heureux en amour.

Un trou de cul

Quand tu manges au St-Hubert, il te faut maintenant choisir l’ambiance: St-Hub’ ou St-Hubert « traditionnel » (comme la salade de chou, tiens tiens…). Mon ami et moi somme pressés, alors nous choisissons l’ambiance classique, avec les banquettes et les retraités dispersés ça et là. À un certain moment, nous parlons des couples que nous connaissons. Je pose la question:

– Pourquoi les filles s’intéressent tant à des trous de cul?
– Pourquoi les gars s’intéressent tant à des…
– À des salopes?
– …
– Hum… Le sexe. Les salopes, c’est bon pour le sexe.
– …
– Oui. Ça doit être excitant, un trou de cul.
– Répète donc cette phrase-là un peu plus fort pour les gens autour.
– Ça doit être excitant, un… Oh.