Symptômes

Les guides de diagnostic utilisent habituellement une formule du genre: « Le patient exhibe au moins X des Y symptômes suivants » suivi d’une liste de symptômes puis de l’avertissement « Ces symptômes ne peuvent pas être expliqués par les Z raisons suivantes » et d’une autre liste.

Depuis quelques mois, je ne vais pas très bien. À l’occasion, je me permets un auto-diagnostic. Je compte mes symptômes, je vérifie qu’il y en assez et que je ne suis pas devenu toxicomane dernièrement. C’est le fun quand mon score baisse.

Mais j’ai aussi découvert une autre liste de symptômes, plus personnelle. Ce sont les signes qui me disent que je vais bien, que je vais mieux. Ce sont des envies, des gestes qui disparaissent complètement quand je ne vais pas bien et qui reviennent sans crier gare.

Tout à l’heure j’avais un petit creux et j’ai eu envie de manger une pomme. Je la croque en ce moment. Quand je ne vais pas bien, je ne mange pas de fruits. J’en achète, parce que je sais que ce serait bon pour moi d’en manger. Mais ils pourrissent tranquillement pendant que je mange des chips et des toasts au beurre de pinottes.

Les gens me conseillent: « L’activité physique, c’est bon pour les gens dans ta situation, ils l’ont dit à la radio l’autre jour. » Je pense qu’ils inversent la relation de cause à effet. Ce n’est pas parce que je fais du sport que je vais aller mieux. C’est parce que je vais mieux que je fais du sport. En tous cas, c’est comme ça pour la pomme. Quand j’en ai envie, c’est que je vais déjà mieux.

Le symptôme le plus évident de mon bonheur, c’est la musique. L’envie d’en faire, d’en écouter. Quand je ne vais pas bien, je vis dans le silence. En ce moment j’écoute Sans Pression. Shit’s real.

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Compter

J’ai de très légères tendances au trouble obsessionnel compulsif. Tantôt je buvais à l’abreuvoir dans le parc et je comptais dans ma tête les gorgées que je prenais. Je me suis rendu compte que je fais pratiquement toujours ça à un abreuvoir. Gloup un gloup deux gloup trois gloup quatre gloup cinq. Il n’y a pas une règle spécifique que je dois suivre quant au nombre de gorgées, je ne fais que les compter. Les chiffres sont oubliés dès que je me relève la tête.