Les polices et leurs pantalons

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Vous avez peut-être remarqué que nos forces policières montréalaises ne portent plus l’uniforme réglementaire. Il y a quelques semaines, je marchais avec un ami qui revenait d’un long voyage et qui s’interrogeait sur la question. On assumait que c’était un moyen de pression, mais je n’en savais pas plus que lui. Alors on a décidé de s’informer à la source. On s’approche d’un constable en patrouille et pantalon camouflage. On peut à peine ouvrir la bouche qu’il nous revire de bord: « Désolé les gars, on est occupés. »

Bon. OK d’abord.

* * *

Tantôt j’attendais mon trio shawarma quand je vois un char de police qui s’arrête en face du resto. En sort une policière qui entre chez Sara, portant fièrement elle aussi des pantalons camouflage.

Une fois qu’elle est rentrée, je m’aperçois qu’elle est vraiment cute, crisse. Alors je lui demande pour les pantalons. Elle m’explique que c’est parce qu’ils sont sans contrat de travail depuis 2007. Je continue le small talk en lui demandant si c’est une consigne d’y aller pour le camouflage ou si elle pourrait choisir autre chose, mais je pense qu’elle n’a pas compris ma question parce qu’elle me dit que ça finit toujours avec les pantalons les moyens de pression. Je dis: « Donc vous avez tous une couple de pantalons d’armée que vous gardez prêts pour le temps des revendications? » Et elle sourit poliment en ne sachant pas trop quoi répondre.

Soit je la gêne soit elle me trouve épais. Peut-être un peu des deux. Ça se fait-tu demander à une police: « Quand est-ce que tu finis ton shift? » Alors je la remercie pour ses réponses et je vais payer. Quand je me retourne pour aller m’asseoir avec mon cabaret, nos regards se croisent et elle me fait un signe de tête, celui du policier en devoir communautaire.

Tapis

C’était un dimanche, une belle journée d’hiver. Il faisait froid mais il faisait aussi soleil. Un temps qui donnait envie de jouer dehors.

Dans ces conditions, je préfère les filles qui transportent une Krazy Karpet roulée sous leur bras plutôt qu’un tapis de yoga.

Les sourds ne passent pas 2 heures par jour à updater leur iTunes

Mais les gens comme Frédéric Guindon (l’auteur de cette très jolie phrase) ainsi que tous ses collaborateurs au Grand Recueil de la Bonne Musique, oui.

L’édition 2007 vient tout juste de sortir, et c’est une véritable mine de pépites d’or pour entendre (ou réentendre) tout ce qu’on a manqué (ou aimé) l’année passée. Hautement recommandé. Comme c’est quand même une clique, il y a pas mal de choix consensuels (M.I.A., Justice, Omnikrom, Ghislain Poirier), mais au moins ce sont des bons choix. Et il y a aussi quelques outsiders qui osent par exemple parler des White Stripes ou encore de Queens of the Stone Age. Donc ça vaut la peine de lire les tops de chacun des contributeurs, et pas seulement se contenter du palmarès global. Moi-même je ne suis rendu qu’à la moitié. Préparez-vous à perdre plusieurs heures à regarder des vidéos, écouter des tounes sur MySpace et en télécharger illégalement.

Le cas Tricot Machine est intéressant. Mentionné 7 fois, ce qui leur vaut un ex-aequo avec Kanye West (!), leur album éponyme est aussi assez crûment démoli par Éric Bertrand:

Je comprends juste pas. Je suis de la génération Passe-Partout moi aussi, mais ça ne veut pas dire que j’ai encore quatre ans d’âge mental (dans mon cas, c’est seize ans en fait). Je ne vois pas ce qu’il y a de cute à voir un couple de simili retard pianoter sur un keyboard Fisher Price et tapocher sur des casseroles. J’ai rien contre eux personnellement, mais je pense pas qu’on deviendra des amis. De plus, svp, Mathieu, fais-toi pousser des couilles. Tsé, t’es pas obligé de battre ta blonde, mais faire le tapis c’est pas ben mieux.

Ouch.

François Lachapelle, de son côté, s’excuse presque de le mettre dans son palmarès:

Je pourrais me mentir et ne pas le mettre. Le hype est passé, c’était cool sur Myspace (vous vous rappelez Myspace?), maintenant c’est cool de faire croire qu’on a jamais aimé ça. Je ne peux juste pas.

Si je comprend bien, au début c’était cool de les aimer, mais là y a eu un hype et c’est cool de ne les avoir jamais aimé, mais ce qui encore plus cool, c’est de dénoncer ce cool-là, et de dire qu’on les aime encore. Pas facile, rester cool.

Moi j’ai entendu leur album une fois. Entendu, pas écouté, la nuance est importante. Ça ne m’a pas accroché. Ça a été tout. Peut-être que comme pour Malajube, je vais attendre que tout le monde soit écoeuré de m’en parler pour les écouter comme il faut, et me mettre à aimer ça. Mais je ne parierais pas là-dessus.

Il n’y a pas tant de collaborateurs qui ont fait des listes de chansons, alors je tiens à saluer Étienne Côté-Paluck qui, à défaut de concision (un top 70!), est le seul à mentionner New York I Love You the LCD Soundsystem, qui est ma toune de l’année.

D’ailleurs mes palmarès à moi s’en viennent, d’ici bientôt (yeah right). En attendant, je vous laisse avec le vidéoclip de l’année de G.U.I.N.D.O.N., qui est effectivement on ne peut plus excellent, autant musicalement que visuellement: SIGNATUNE (Dj Mehdi / T. Bangalter edit).