Une fin et un début

J’ai commencé à écrire ici un peu pour défier ma blonde. Je racontais des histoires de désirs aléatoires, un peu violents et surtout dirigés vers d’autres filles qu’elle. Des histoires pour provoquer une discussion avec elle que je n’étais pas capable d’entamer autrement.

Je ne l’ai jamais envoyée directement ici. Je faisais quelques allusions au fait que j’avais commencé à m’occuper de mon blog plus régulièrement. J’ai laissé un ou deux commentaires qui ramenaient ici sur le blog d’une de ses amies, que je savais qu’elle lisait. J’utilisais mon surnom Internet le plus habituel, qu’elle trouverait tout de suite si elle cherchait. Je n’ai jamais su si elle lisait ce que j’écrivais ici ou non. Je ne le sais toujours pas.

Je l’ai quittée il y a presque quatre mois. Au début je me suis senti très mal de lui infliger tant de peine. Je dormais (mal) un peu partout, et j’étais maladivement obsédé par l’objet de mon désir. Je me suis rendu malade.

Puis un ami m’a prêté un logement, et j’ai retrouvé un semblant de stabilité. Même si c’était loin, je pouvais rentrer « chez moi ». Par contre, je savais dès le début qu’il s’agissait d’une solution temporaire, et les trois mois que j’ai passés là-bas forment un interlude un peu irréel. J’ai retrouvé quasi instantanément une énergie perdue depuis longtemps. Je me suis remis à boire, à sortir, à aller voir des spectacles, à cruiser et à découvrir de la musique. Je me suis mis à écrire. Et durant ce temps, je ne pensais presque jamais à (feue) ma blonde.

Il y a deux semaines, j’ai emménagé dans mon nouvel appartement. Il est juste à moi, il n’est pas loin, il est à mon goût. J’ai un poêle et un frigo. Je suis enfin de retour dans mes meubles, mes objets, mon lit. J’avais très hâte de dormir dans mon lit. Mais quand je me suis couché pour la première nuit dans mon nouvel appart, je me suis rendu compte que même si j’en suis le propriétaire, ce n’est pas mon lit, c’est (c’était) le nôtre. Ma mémoire physique m’a tout de suite rappelé que j’avais toujours dormi dans ce lit à côté d’elle, et qu’elle n’y était plus.

J’imagine qu’elle a senti les mêmes manques durant les trois mois où elle vivait seule dans ce qui étaient notre appartement, nos meubles. Peut-être que le lieu et les objets lui disent encore que je ne suis plus là, elle n’a pas la chance d’avoir déménagé (le mal de place).

Pour moi, cette sensation d’absence dans mon lit m’a fait réaliser que l’interlude était terminé. Je ne suis plus en vacances de moi-même. Je ne suis plus un squatter en banlieue. Je suis chez moi. Et je suis seul.

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Habiter avec une fille

Ça fait autour d’un an que vous sortez ensemble. Jusqu’ici, tout va bien. Tu es toujours amoureux d’elle: elle est belle, elle a de la drive, elle a de l’esprit. Tu es toujours émerveillé quand tu te réveilles dans son lit ou qu’elle se réveille dans le tien. Vous avez une belle complicité, qui s’étend à votre vie sexuelle. Vous faites l’amour chaque fois que vous vous voyez, ou presque. Le matin vous traînez au lit, et c’est bon.

Alors tu te dis que si vous habitiez ensemble, ce serait aussi bon, et qu’en plus ce serait continuel. Le dimanche soir, au lieu de faire votre lavage chacun de votre bord, vous pourriez faire l’amour sur la laveuse qui spinne. Parce qu’en plus, il n’y aurait plus de colocs dans les pattes. Vous pourriez vous laisser aller à toutes vos fantaisies, sans retenue. N’importe où, n’importe quand. Juste y penser, ça te donne un début d’érection.

Tu n’as aucune idée à quel point tu te trompes.

À partir du moment où vous serez constamment en présence l’un de l’autre, vos corps perdront leur effet de rareté l’un pour l’autre. Tu t’habitueras à la voir nue, à un point tel que ça ne t’excitera plus. Vous commencerez à partager des activités plates: séparer les dépenses de la maison, vider la litière du chat, regarder des DVDs de séries télé. Vous resterez de plus en plus à la maison, et sortirez de moins en moins. Et un dimanche matin tu te réveilleras, ta blonde sera déjà debout en train de lire sur Internet (rendus là, vous aurez chacun votre laptop) et tu ne seras pas capable de dire à quand remonte la dernière fois où vous avez baisé.

Quelques conseils de déménagement

Maintenant que la saison haute est terminée, laissez-moi vous livrer quelques leçons apprises à mes dépens.

Si vous engagez des déménageurs professionnels, vous n’aurez pas à:

  • Louer un camion
  • Quêter l’aide de vos amis
  • Payer de la bière et de la pizza
  • Forcer comme un boeuf vous-même

Ça vaut quand même son pesant de boîtes. Par contre, n’oubliez pas (comme moi) qu’il faut apparemment tipper ses déménageurs et les fournir en eau et autres délicatesses.