Passer aux lignes

Je reviens du WordCamp NY avec Guillaume. Il est minuit et demie, un dimanche soir. Nous arrivons aux douanes. Il y a un seul guichet ouvert, mais heureusement presque personne. Le douanier, un jeune, commence l’interrogatoire habituel: vous venez d’où, vous êtes partis quand. À la question sur l’objet de notre voyage, Guillaume fait son geek: « On est allés au WordCamp, une conférence pour des développeurs web sur l’outil WordPress. » Le douanier n’y comprend pas grand chose. Il nous demande ce qu’on fait dans la vie. Là, c’est nous qui ne comprenons pas trop. Presque en choeur, nous répondons: « Ben, on est des développeurs Web. » Il n’aime pas trop ça. Je pense qu’il pense qu’on se moque de lui.

Le douanier: OK. Mais vous travaillez pour qui?
Moi: Je suis à mon compte.
Guillaume: Je travaille pour ma propre compagnie. Ça s’appelle Poste 23.
Le douanier, en pointant vers moi: Alors, c’est quoi, ce que ça dit sur votre chandail?

Je me demande de quoi il parle. Je regarde ce que je porte: une chemise de pompiste avec deux patches: Dick et Male Escort Service. J’y pense même plus quand je la porte. Je lui sors ma réponse classique: « Ah ça, c’est juste un sideline. » Il a l’air moyennement convaincu.

Le douanier: Vous restiez où à New York?
Guillaume: On était à l’hôtel…
Le douanier: Avez-vous un reçu?
Moi: J’ai ma copie de la transaction de carte de crédit.
Le douanier: Parfait. Est-ce que je peux la voir?

Fuck. Il commence à nous soupçonner pour vrai, le petit zélé. Je lui réponds qu’il n’y a pas de problème et je commence à fouiller dans mon sac.

Moi: J’ai mon badge de la conférence ici. Vous voulez le voir?
Le douanier: Oui, s’il-vous-plaît.

Guillaume lui transfère l’objet. Je continue de fouiller.

Le douanier, incrédule: Broche à foin?
Moi: Oui, c’est ma compagnie. (J’ai justement mes cartes d’affaires sous le nez.) Tenez, voici ma carte.
Guillaume (en transférant ma carte au douanier): Attendez, je vais vous donner la mienne, elle fait un peu plus sérieux.
Le douanier: Oui, parce que monsieur Biz, là, c’est un petit comique, lui.

Ça s’arrange pas, notre affaire. En plus, je n’arrive pas à trouver mon reçu.

Moi: Écoutez, je pense que c’est dans un autre sac qui est dans le coffre. Vous voulez que j’aille chercher?
Le douanier: Non, ça va aller. J’imagine que vous vous seriez pas donnés la peine d’inventer tout ça. Vous pouvez passer.
Guillaume: On reprendrait nos passeports, par contre.

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9 commentaires

  1. «J’imagine que vous vous seriez pas donnés la peine d’inventer tout ça» C’est clair que même un douanier peut conclure qu’un gars qui passe ses soirées à taper des cartes d’affaires au dymo tape ne peut être rien d’autre qu’un vrai geek.

    • Dorval c’est la pire douane que j’ai vu dans ma vie (c’est vrai que j’ai pas vu Jérusalem).

      Les mecs se prennent pour Rambo, ils en veulent, du sérieux… Ha ! si seulement ils pouvaient porter les Raybans…

      1 1/2 h pour rentré à Montréal. Et y’a a peu près 3 avions sur tout l’aéroport. La dernière fois ils ont même regardé les passeport à la sortie de l’avion…
      Mais à quoi ils jouent les tis-gars (en fait les gros gars, sont tous genre un peu trop obèse).

      Quel honte pour nous, encore…

  2. Pingback: Guillaume Joly » Archives du blogue » Empreinte interactive de mon expérience au WordCamp de New York

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