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Archives du Tag: Textes

J’ai des problèmes chroniques d’indigestion. De plus en plus souvent, mes intestins décident qu’ils doivent se vider de leur contenu avant d’avoir terminé leur job. Je commence à penser que je souffre d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire.

D’après mes obervations, le coupable serait ou bien le café ou bien le lait. L’un ou l’autre, ça me ferait vraiment chier.

Une question beaucoup plus importante que “type sauce ou type poulet”, c’est de savoir si vous valorisez plus la précision ou la rapidité.

Supposons que vous mettez un restant au micro-ondes, et que vous estimez qu’il a besoin de deux minutes et demie de réchauffement. Entrez-vous 222[OK] (rapidité: trois fois le même chiffre) ou 230[OK] (précision: le chiffre exact)?

Ou encore êtes-vous comme moi un obsédé de la précision qui tente de se convertir? Dans ce cas vous entrez 230″ah fuck”[CANCEL]222[OK], et vous êtes perdant sur toute la ligne.

Quand je fais l’épicerie, j’apporte toujours mon iPod, parce que je suis incapable de supporter la musique qui y joue.

Hier j’ai fait une commande impromptue, et je n’avais pas mon Shuffle sur moi. “Vous écoutez Radio-Métro”, que ça disait entre chaque toune pop poche d’une chanteuse qui blowe au lieu de chanter. Je courais dans les allées pour en finir au plus vite. Et soudain, quand je ne sais plus laquelle eut fini de s’époumonner pour nous faire comprendre qu’elle était “VIVAAAAAANNNTE”, un piano timide a commencé à jouer, et une voix chevrotante a entonné:

“Bad day… looking for a way… home… looking for a great escape…”

Ça m’a arrêté tout sec.

J’aime Patrick Watson un peu plus à chaque écoute. Le seul ennui, c’est qu’il me fait le même effet que Bjork: je pleure quasi instantanément quand j’en entends.

Je remercie le DJ de Radio-Métro qui m’a fait verser une larme entre les pains et l’eau embouteillée.

En fin de semaine ma toilette a pété. L’anse du clapet s’est rompue et la chaîne tirait dans le vide.

N’écoutant que mon instinct de mâle bricoleur, je ferme l’eau, vide le réservoir, enleve le clapet défectueux, le met dans un sac en plastique parce qu’il tachait les doigts pas mal, et je pars à la quincaillerie. Il y a tout un étalage de clapets de remplacement. Je prends celui qui ressemble le plus au mien, et je repars avec deux clapets dans mes mains, chacun dans son petit sac en plastique transparent.

Un coin de rue plus tard, un gars et une fille traversent la rue devant moi. Ils sortent de la pharmacie. La fille est grande, belle et bien roulée. Le gars est petit, chauve, et a l’air au moins dix ans plus vieux qu’elle. Comme toujours, j’assume qu’ils sortent ensemble. J’éprouve un pincement de jalousie: comment ce genre de gars réussit-il à se taper ce genre de fille?

Ils tournent et marchent dans la même direction que moi, un peu en avant. J’entends leur conversation. C’est surtout la fille qui parle. Le gars se contente de “Ah oui?”, “Ah non!” et autres signes d’attention. Elle raconte avec beaucoup d’émotion que ça lui arrive des fois d’en manquer. “Ah oui?” Oui oui, ça lui arrive assez souvent d’avoir envie et d’en manquer. “Ah non!” Dans ce temps-là, elle sort et s’en va vite vite à la pharmacie pour en acheter.

Je comprends alors pourquoi ce genre de gars réussit à se taper ce genre de fille. Il est prêt à l’écouter. Et je pense à Plume et à la fin de Chatte de daure: “Même un beau cul ça fait de la marde.”

Mon clapet de remplacement était bon. Si cette fille habitait chez moi, elle pourrait de nouveau flusher dans la joie. Et je prendrais soin qu’elle ne manque jamais de papier pour essuyer son beau cul.

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