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Shoveling SnowL’hiver, il neige. Surtout depuis deux semaines. Quand il neige, il faut pelleter. Ceux qui me connaissent savent que j’aime bien chialer sur mes voisins à ce sujet.

J’habite dans un bloc assez typique, qui comprend un grand logement au rez-de-chaussée et quatre petits aux deux étages supérieurs. Ces quatre logements, dont le mien, partagent un escalier extérieur et le balcon leur donnant accès. Logiquement, la tâche du pelletage serait séparée entre les quatre locataires. Pourtant, après trois hivers, je constate que:

  1. Je suis le seul à posséder une pelle.
  2. Je suis le seul à savoir comment m’en servir.
  3. Je suis le seul qui est dérangé par les notices “SVP assurez-vous que le chemin vers votre boîte à malle est sécuritaire” que le facteur colle sur nos portes de temps en temps.

En d’autres termes, si je ne m’en occupe pas, personne ne va le faire. Peut-être que mes voisins pensent que le proprio prend ça en charge, le déneigement. Ou que je suis payé pour le faire. Read More

J’ai travaillé deux fois dans des agences de publicité, qui emploient maintenant des programmeurs comme moi dans leurs départements “interactifs”. Pour un programmeur, le principal avantage à travailler dans ce domaine, c’est qu’il pourra y côtoyer des filles jeunes et jolies (beaucoup plus que chez CGI, mettons). Le désavantage: les projets ne sont guère stimulants. Prise dans l’étau des budgets marketing trimestriels, une agence arrive rarement à convaincre son client d’investir dans un projet web à long terme. Alors on fait des “micro-sites”, des bannières, des “email blasts” et des concours “viraux” (Invite tes amis à participer et augmente tes chances de gagner!).

Les belles filles, c’est le fun, mais on en vient assez vite à chercher un sens à son travail. Il faut trouver sa motivation ailleurs que dans les produits finis. Il y en a qui décident de se concentrer sur l’amélioration de leur métier, d’autres qui mènent des projets parallèles plus stimulants et il y a aussi ceux qui s’en foutent, tout simplement. Moi j’aimais bien jouer le cynique:

  • “La pub, on n’a jamais prouvé que ça marchait.”
  • “Vous surestimez tous l’importance et l’impact de votre travail.”
  • “Mettons qu’on livre ça une journée en retard, est-ce que des enfants vont mourir de faim?”

Avec cette attitude et mes réputés problèmes de sommeil (soit je rentre à 11h00, soit je dors sur/sous mon bureau dans l’après-midi), j’avais intérêt à être bon dans mon boulot si je voulais continuer à me rincer l’oeil durant les jours de semaine.

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Vous le voyez qui s’en va. Vous allez être en retard si vous ne l’attrapez pas. Vous courez, vous gesticulez, vous espérez que le chauffeur vous ait vu, qu’il vous prenne en pitié. Vos chances de succès sont inversement proportionnelles à la longueur de votre jupe.

Tantôt j’ai été pris d’une rage de ménage. Le samedi, de minuit à trois heures du matin. Je suis de party de même. C’est probablement une phase hypomaniaque qui commence. Pour ceux qui suivent mon cas, mon diagnostic est passé du côté des troubles bipolaires, soit de type II ou cyclothymiques, selon l’intensité qu’on donne à mes phases dépressives. J’ai trouvé ça moi-même comme un grand, et le pire c’est que mon psy est complètement d’accord avec mon auto-diagnostic. Peut-être que je devrais devenir psy moi-même.

Après avoir lavé toute ma vaisselle (y en avait un paquet!) puis ordonné mon recyclage (une immense pyramide informe: ça fait un mois que je le rate) tout en refaisant pour la enième fois le plan d’affaires de Broche à foin .BIZ dans ma tête, je me suis déplacé vers la chambre.

J’ai changé mes draps. Il était plus que temps. Je me suis posé deux questions:

  1. Quand on s’est fait vendre un matelas de deux pieds d’épais comme le mien et que le drap contour n’arrivera jamais à contourner le matelas au complet, est-ce qu’il est préférable de tricher au niveau des pieds ou de la tête?
  2. Est-ce que les fabricants d’oreiller en duvet font exprès de ne pas bien emballer les plumes pour qu’il y en ait toujours une ou deux qui s’échappent quand on change la taie? Ça nous rappelle qu’on ne s’est pas payé de la camelote là non plus. Habile de leur part.

Et comme je vis seul, c’est à vous, ami-e-s sans visage et sans voix, que je pose ces questions.

Pis tant qu’à y être cuL et moi nous demandons quels mots auraient été utilisés en 1972 par ces geeks pour dire que “Les graphiques sont malades”. Vous nous aidez?

Vous le savez, j’aime parler frigo. Plus spécifiquement, j’aime parler de pas-de-frigo. Je pense que pas-de-frigo est le nouveau pas-de-télé. Le genre de truc qu’on peut plugger facilement dans une conversation et qui donne l’air frais. Alors j’étais presque content quand mon frigo s’est mis à ne plus fonctionner un peu avant les Fêtes.

Petit à petit il se réchauffait, les signes s’accumulaient: du lait suspicieux, du fromage qui vire bleu un peu trop vite et, cerise sur le sundae, la glace dans le congélateur qui devient de la vulgaire eau. À cette étape-là, j’ai commencé à me servir du congélateur comme frigo. Je me trouvais ben smatte. Mais la déchéance s’est poursuivie et bientôt le lait caillait même dans le congélateur.

J’ai commencé par utiliser mon bon vieux truc de la glacière sur le balcon. (Vive l’hiver!) Mais janvier a été assez froid cette année. Mon frigo de fortune était plus un congélateur de fortune. Pas très pratique quand vient le temps de se verser le jus d’orange du matin. Et puis ouvrir la porte du balcon plusieurs fois par jour quand il fait -20° dehors, c’est plus ou moins tentant. Survient donc cet éclair de génie:

Le cadre de fenêtre comme frigo

Le cadre de fenêtre comme frigo

Alors là, j’étais pas peu fier. D’abord, le cadre de fenêtre offre une température à la fois plus proche du convoité 3°C et beaucoup plus stable d’un jour à l’autre que la glacière à l’extérieur. Ensuite, les aliments sont beaucoup plus accessibles: juste à ouvrir la fenêtre intérieure, prendre ce qu’on veut et la refermer. Enfin, il y a beaucoup moins de froid qui entre dans la maison avec ce système. C’est win-win-win, comme disent les Marocains.

J’ai toughé comme ça pas loin d’un mois, jusqu’à ce que je me rende compte que la garantie de mon frigo réusiné échouait dans la semaine. Je suis paresseux, mais pas à ce point-là quand même. R.V. Dupuis a honoré sa garantie de façon exemplaire. Je ne saurais suffisamment les recommander. Le lendemain de mon appel, un technicien se présentait chez moi et constatait que c’était pas réparable sur place. L’après-midi même, on m’apportait un frigo de courtoisie pendant qu’on amenait le mien à l’atelier, où son trépas fut confirmé. J’ai choisi son remplaçant parmi la flotte d’appareils reconditionés de R.V. et on me livrait le lendemain.

Depuis quelques jours, ce nouveau (vieux) réfrigérateur ronronne tranquillement dans ma cuisine. Mais je ne peux m’empêcher d’observer un paradoxe: il fait froid dehors, alors je chauffe en-dedans, mais mes aliments ont besoin de fraîcheur alors je refroidis l’intérieur du frigo. N’y aurait-il pas moyen d’être plus efficace et d’utiliser pour nos aliments, en hiver du moins, cette ressource très abondante au Québec qu’est le froid?

post-it note elvis

Où je travaille il y a une grande aire ouverte et quelques bureaux fermés autour. Les bureaux sont fermés par ce qui ressemble à des portes-patios, le screen en moins. Deux grandes vitres coulissantes, de dimensions égales. Quand une porte est complètement ouverte ou complètement fermée, l’image est presque identique. Alors il arrive ce qui arrive souvent avec les portes-patios: les gens se cognent à une porte fermée.

Évidemment, quand ça arrive aux autres, c’est très drôle. Mais pour la victime, c’est différent. D’abord, on se sent vraiment épais. Ensuite, on se rend compte qu’en plus d’être épais, on s’est vraiment fait mal. Enfin, on se retourne et on voit tout le monde qui rit ou se retient tant bien que mal de rire. Imaginez que c’est votre troisième journée dans la place, et ce n’est vraiment plus drôle.

Je suis en arrêt de travail depuis un mois et demi. Je passe au bureau des fois, mais seulement le soir ou la fin de semaine, quand il n’y a personne. (C’est con, parce que ce sont les gens que j’aime le plus de cet endroit, mais c’est comme ça que je file ces temps-ci.) Ça me permet de suivre de loin ce qui se passe. Je lis mes courriels, je vois les bureaux qui s’ajoutent, qui se déplacent. Mon bureau, où on avait d’abord logé temporairement un pigiste, et qui ne semble plus exister maintenant.

Et depuis quelques semaines, l’ajout graduel de Post-It dans les portes vitrées. Des mosaïques, plusieurs couleurs, plusieurs formats. Jamais rien d’écrit sur les petits papiers autocollants. J’ai cherché un sens, une logique. Une nouvelle forme d’art? Puis j’ai cru à une inside joke, qui commence dans un bureau et qui se répand à tous les autres tranquillement, parce que tout le monde aime la joke et veut la perpétuer. On est bons là-dedans où je travaille.

Cet après-midi je suis passé là-bas et je n’étais pas seul. Mon ami, collègue et partenaire squatteur de bureau y était. Il m’a mis au courant des derniers développements. Comme je n’ai plus de poste de travail, je ne prends plus mes emails, et je traîne de la patte dans les actualités. Puis je me suis informé à propos des Post-It. “Ah ça? Y avait de plus en plus de monde qui se cognait sur les portes.” Fiat lux! C’est une mesure de sécurité. Simple et efficace: maintenant on voit très bien quand une porte est fermée.

Ensuite j’ai eu envie de raconter cette révélation anodine. C’est le genre de petite chose banale qu’on ne peut que partager avec des gens qu’on voit régulièrement: un coloc, une blonde. Je lui aurais déjà parlé du mystère des Post-It, et sans raison particulière j’aurais lancé: “Oh tu sais l’histoire des Post-It dans les portes? J’ai enfin appris c’était pourquoi!” Mais je vis seul, et je n’ai plus de blonde. Alors je raconte ça ici. J’imagine que c’est une des raisons derrière ce blog: il est mon compagnon quotidien imaginaire.

J’ai de très légères tendances au trouble obsessionnel compulsif. Tantôt je buvais à l’abreuvoir dans le parc et je comptais dans ma tête les gorgées que je prenais. Je me suis rendu compte que je fais pratiquement toujours ça à un abreuvoir. Gloup un gloup deux gloup trois gloup quatre gloup cinq. Il n’y a pas une règle spécifique que je dois suivre quant au nombre de gorgées, je ne fais que les compter. Les chiffres sont oubliés dès que je me relève la tête.

Ça manque souvent de protéines, ce qui fait que tu as faim une couple d’heures plus tard et que ça devient insupportable un peu avant l’heure du souper. Par contre, c’est plutôt bon.

Mais ce qu’il y a de mieux Aux Vivres, c’est que c’est un repère de jolies filles. D’ailleurs, la prochaine fois, je m’assois dos au mur.

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