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Naughty girls need love too

Est-ce qu’une fille peut se permettre de coucher avec un gars dès la première date? La sagesse populaire dit que ce n’est pas une bonne idée, parce que la fille va passer pour une “fille facile” et que le gars va se pousser dès qu’il aura eu son nananne. Cette pauvre femme ne trouvera jamais un homme pour l’aimer vraiment. Mes contre-arguments:

Si c’est ce genre de gars, il va se pousser de toute façon dès qu’il aura épinglé sa cible à son tableau de chasse, que ce soit après une ou trois dates. Autant régler ça le plus tôt possible plutôt que d’essayer de transformer artificiellement une baise d’un soir en idylle, non?

Mais le plus important, c’est qu’en agissant stratégiquement, selon ce qu’elle conçoit plutôt que selon ce qu’elle ressent, la fille qui se refuse ce plaisir s’empêche de démarrer une relation du bon pied. Si tu es une jouisseuse qui aime le sexe, tu as besoin d’être aimée par un gars qui aime ce trait en toi. En le cachant dès le début, tu empêches peut-être le bon gars pour toi de t’aimer et tu encourages peut-être le mauvais à s’amouracher.

Il n’y a pas d’intérêt à cacher sa vraie nature dans une histoire d’amour. Elle sortira au grand jour tôt ou tard, et c’est préférable de s’aimer pour ce qu’on est vraiment que pour ce qu’on pense que l’autre voudrait qu’on soit. En fait, c’est la seule façon d’être heureux en amour.

Mon premier grand amour

En deuxième année, nous étions les meilleurs amis du monde. Nous étions toujours ensemble, à jouer, à nous lancer des défis, à nous taquiner. Je ne me rappelle pas vraiment du détail de nos activités d’enfants, mais j’ai un souvenir diffus de complicité, de bonheur, de plénitude.

L’année suivante, j’ai réalisé que j’étais amoureux d’elle. Elle était grande, elle était belle, elle était brillante, elle était forte. (Et, oui, elle était brune.) Elle battait presque tous les gars dans les sports. C’était la fille idéale. Tous les gars trippaient déjà sur elle. À partir de la troisième année, moi aussi.

Ma vie est tout de suite devenue un enfer. D’abord, j’ai arrêté de lui parler. Une coupure nette. Ensuite, je me suis mis à entretenir des délires obsessionnels sur ses sentiments à elle: “M’aime-t-elle ou non?” Puis, j’ai commencé à me remettre en question: “Suis-je assez beau pour elle? Suis-je assez bon pour elle? Suis-je assez fort pour elle?” (J’étais un chicot. Je le suis toujours.) Enfin, je me suis mis à jalouser férocement tous les autres gars qui daignaient lui adresser la parole.

Au travers de cet enfer, un oasis: chaque année, je l’invitais à mon anniversaire, un événement où les convives étaient triés sur le volet. En général, j’invitais trois personnes. Chaque année, elle acceptait et me faisait l’honneur de sa présence pour un repas et une soirée de jeux. Et l’espace d’une soirée, nous étions de nouveau les meilleurs amis du monde.

En autant que je me rappelle, ces fêtes furent nos seuls contacts pendant quatre ans. Le reste du temps, je n’osais pas lui parler, parce que je n’avais qu’une chose à lui dire (”Je t’aime. M’aimes-tu?”) et que j’étais terrorisé par la réponse.

Puis, vers la fin de l’école primaire, lors d’une partie de ballon-chasseur, un miracle s’est produit. Nous jouions avec repêchage, c’est-à-dire que quand un joueur d’une équipe en tuait un de l’autre équipe, il avait aussi le droit de sauver un de ses coéquipiers éliminés. Ce coéquipier quittait alors la vache pour revenir sur le terrain. Inutile de dire que personne ne me repêchait jamais.

Éliminé de la partie depuis longtemps, je rêvasse à la vache quand quelqu’un me tire par le bras et me fait signe de retourner sur le terrain. J’ai été repêché. Je suis complètement incrédule. Moi? C’est une blague? Et comme je ne bouge pas, elle me fait signe de m’en venir sur le terrain avec elle. C’est elle qui vient de me repêcher, contre toute logique sportive. Je crois que mes genoux ont ramolli, puis que je lui ai souri niaisement. Je lui ai peut-être même dit merci, mais je ne suis pas certain.

Elle venait de répondre par un oui éclatant à la question que je me posais depuis tant d’années, et je n’ai pas su quoi faire. J’aurais dû l’embrasser sur le champ. Nous aurions dû vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants. Je pense que j’ai plutôt continuer à l’ignorer. Je n’ai aucun souvenir de la fin de l’année scolaire la concernant.

Puis les vacances sont arrivées, et après les vacances, l’école secondaire. Nous n’allions pas à la même. Je ne l’ai jamais revue.

C’était il y a plus de vingt-cinq ans. J’ai l’impression d’avoir si peu changé. Mon anniversaire s’en vient.

Si on cherche tous la même chose, pourquoi a-t-on tant de misère à trouver?

Demandez-vous ce que vous recherchez chez l’autre. Demandez à un-e autre (pas l’autre, la nuance est importante) ce qu’il ou elle recherche. Dans tous les cas, la réponse devrait ressembler à ceci:

  • Attirant-e: me fait bander/mouiller
  • Respectueux-se: s’intéresse à moi comme personne, pas juste comme beau cul
  • Drôle: rit de mes jokes, en fait des bonnes
  • Simple: capable de laisser le bon temps rouler

Si cette liste est si universelle, pourquoi les relations amoureuses sont-elles si complexes? The devil is in the details, je suppose. Quand on reste dans les grandes lignes, on a l’air de tous vouloir la même chose, mais si on entre dans le détail, les différences ressortent. Le “bon temps” par exemple, ça peut vouloir dire “regarder Virginie collés” ou bien “se claquer trois lignes de coke et sortir jusqu’au lever du soleil”. Plus la même chose.

Aussi, même si on cherche tous la même chose, ça ne veut pas dire qu’on est capable de la donner. Comme on se ressemble, on cherche tous ce qu’on ne peut pas donner, ce qui explique qu’on le trouve rarement.

Ceci conclut la minute Sex and the City.

Une fin et un début

J’ai commencé à écrire ici un peu pour défier ma blonde. Je racontais des histoires de désirs aléatoires, un peu violents et surtout dirigés vers d’autres filles qu’elle. Des histoires pour provoquer une discussion avec elle que je n’étais pas capable d’entamer autrement.

Je ne l’ai jamais envoyée directement ici. Je faisais quelques allusions au fait que j’avais commencé à m’occuper de mon blog plus régulièrement. J’ai laissé un ou deux commentaires qui ramenaient ici sur le blog d’une de ses amies, que je savais qu’elle lisait. J’utilisais mon surnom Internet le plus habituel, qu’elle trouverait tout de suite si elle cherchait. Je n’ai jamais su si elle lisait ce que j’écrivais ici ou non. Je ne le sais toujours pas.

Je l’ai quittée il y a presque quatre mois. Au début je me suis senti très mal de lui infliger tant de peine. Je dormais (mal) un peu partout, et j’étais maladivement obsédé par l’objet de mon désir. Je me suis rendu malade.

Puis un ami m’a prêté un logement, et j’ai retrouvé un semblant de stabilité. Même si c’était loin, je pouvais rentrer “chez moi”. Par contre, je savais dès le début qu’il s’agissait d’une solution temporaire, et les trois mois que j’ai passés là-bas forment un interlude un peu irréel. J’ai retrouvé quasi instantanément une énergie perdue depuis longtemps. Je me suis remis à boire, à sortir, à aller voir des spectacles, à cruiser et à découvrir de la musique. Je me suis mis à écrire. Et durant ce temps, je ne pensais presque jamais à (feue) ma blonde.

Il y a deux semaines, j’ai emménagé dans mon nouvel appartement. Il est juste à moi, il n’est pas loin, il est à mon goût. J’ai un poêle et un frigo. Je suis enfin de retour dans mes meubles, mes objets, mon lit. J’avais très hâte de dormir dans mon lit. Mais quand je me suis couché pour la première nuit dans mon nouvel appart, je me suis rendu compte que même si j’en suis le propriétaire, ce n’est pas mon lit, c’est (c’était) le nôtre. Ma mémoire physique m’a tout de suite rappelé que j’avais toujours dormi dans ce lit à côté d’elle, et qu’elle n’y était plus.

J’imagine qu’elle a senti les mêmes manques durant les trois mois où elle vivait seule dans ce qui étaient notre appartement, nos meubles. Peut-être que le lieu et les objets lui disent encore que je ne suis plus là, elle n’a pas la chance d’avoir déménagé (le mal de place).

Pour moi, cette sensation d’absence dans mon lit m’a fait réaliser que l’interlude était terminé. Je ne suis plus en vacances de moi-même. Je ne suis plus un squatter en banlieue. Je suis chez moi. Et je suis seul.

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