Les Bixi disparaissent
La saison de vélo tire à sa fin. Les stations Bixi qui résistent encore sont lilliputiennes.
Cette nuit, j’ai fait un très court mais très saisissant cauchemar. Je roulais sur un Bixi, à une bonne vitesse. D’un coup, le vélo disparaissait sous moi. Je plantais tête première dans l’asphalte.
Je me suis réveillé d’un bond, littéralement.
Lumières de Noël
Cet article est composé d’ampoules non remplaçables. Ne les tordez pas. Lorsque ses ampoules sont endommagées, mettez le cordon au rebut.
Je n’ai pas réussi à convaincre ma mère de les retourner.
Chez Benjamin
Le coloc de Benjamin, en lisant le journal: « L’Algérie sera en Afrique du Sud en 2010. »
Benjamin: « Quoi, ils déménagent? »
Passer aux lignes
Je reviens du WordCamp NY avec Guillaume. Il est minuit et demie, un dimanche soir. Nous arrivons aux douanes. Il y a un seul guichet ouvert, mais heureusement presque personne. Le douanier, un jeune, commence l’interrogatoire habituel: vous venez d’où, vous êtes partis quand. À la question sur l’objet de notre voyage, Guillaume fait son geek: »On est allés au WordCamp, une conférence pour des développeurs web sur l’outil WordPress. » Le douanier n’y comprend pas grand chose. Il nous demande ce qu’on fait dans la vie. Là, c’est nous qui ne comprenons pas trop. Presque en choeur, nous répondons: « Ben, on est des développeurs Web. » Il n’aime pas trop ça. Je pense qu’il pense qu’on se moque de lui.
Le douanier: OK. Mais vous travaillez pour qui?
Moi: Je suis à mon compte.
Guillaume: Je travaille pour ma propre compagnie. Ça s’appelle Poste 23.
Le douanier, en pointant vers moi: Alors, c’est quoi, ce que ça dit sur votre chandail?
Je me demande de quoi il parle. Je regarde ce que je porte: une chemise de pompiste avec deux patches: Dick et Male Escort Service. J’y pense même plus quand je la porte. Je lui sors ma réponse classique: « Ah ça, c’est juste un sideline. » Il a l’air moyennement convaincu.
Le douanier: Vous restiez où à New York?
Guillaume: On était à l’hôtel…
Le douanier: Avez-vous un reçu?
Moi: J’ai ma copie de la transaction de carte de crédit.
Le douanier: Parfait. Est-ce que je peux la voir?
Fuck. Il commence à nous soupçonner pour vrai, le petit zélé. Je lui réponds qu’il n’y a pas de problème et je commence à fouiller dans mon sac.
Moi: J’ai mon badge de la conférence ici. Vous voulez le voir?
Le douanier: Oui, s’il-vous-plaît.
Guillaume lui transfère l’objet. Je continue de fouiller.
Le douanier, incrédule: Broche à foin?
Moi: Oui, c’est ma compagnie. (J’ai justement mes cartes d’affaires sous le nez.) Tenez, voici ma carte.
Guillaume (en transférant ma carte au douanier): Attendez, je vais vous donner la mienne, elle fait un peu plus sérieux.
Le douanier: Oui, parce que monsieur Biz, là, c’est un petit comique, lui.
Ça s’arrange pas, notre affaire. En plus, je n’arrive pas à trouver mon reçu.
Moi: Écoutez, je pense que c’est dans un autre sac qui est dans le coffre. Vous voulez que j’aille chercher?
Le douanier: Non, ça va aller. J’imagine que vous vous seriez pas donnés la peine d’inventer tout ça. Vous pouvez passer.
Guillaume: On reprendrait nos passeports, par contre.
À un S près
Je suis à un S près de pouvoir placer onanisme sur un board de Scrabble. Ça me fâche.
Un éventuel possible
Je suis heureuse et comblé à la recherche de celui qui désire un éventuel possible à 2 et dont les étincelles seront au rendez-vous!
Une membre Réseau Contact
À cloche-pied
Lundi soir, passé minuit. Il n’y a pas grand monde sur Saint-Laurent. Montréal n’est pas une city that never sleeps, faut croire.
Devant moi, deux gars et une fille. La fille porte un manteau rouge. J’aime bien les vêtements rouges. Ça dit: « Regardez-moi messieurs, je suis belle et je n’ai pas peur de vos yeux. » L’idéal, c’est la petite robe rouge. Le manteau rouge, il y en a un peu trop depuis un an. Mais bon, la rue est presque vide, je ne vais pas faire la fine bouche.
Ils avancent vers moi, nous allons bientôt nous croiser. La fille commence à marcher à cloche-pied. Un des deux gars joint le mouvement. L’autre reste en retrait et continue de marcher. Au moment où elle passe à côté de moi, la fille s’exclame, le souffle court et la voix chantante: « Je me demande si on va plus vite en gambadant ou en marchant? » Le gars à côté d’elle lui sourit.
Une fraction de seconde plus tard, je croise l’autre gars et je l’entends répondre platement « On va plus vite en gambadant ». Il marche.
Guy Laliberté
Je me demande si la charité, c’est aussi comme la confiture: moins t’en as, plus tu l’étales.

