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Lundi soir, passé minuit. Il n’y a pas grand monde sur Saint-Laurent. Montréal n’est pas une city that never sleeps, faut croire.

Devant moi, deux gars et une fille. La fille porte un manteau rouge. J’aime bien les vêtements rouges. Ça dit: “Regardez-moi messieurs, je suis belle et je n’ai pas peur de vos yeux.” L’idéal, c’est la petite robe rouge. Le manteau rouge, il y en a un peu trop depuis un an. Mais bon, la rue est presque vide, je ne vais pas faire la fine bouche.

Ils avancent vers moi, nous allons bientôt nous croiser. La fille commence à marcher à cloche-pied. Un des deux gars joint le mouvement. L’autre reste en retrait et continue de marcher. Au moment où elle passe à côté de moi, la fille s’exclame, le souffle court et la voix chantante: “Je me demande si on va plus vite en gambadant ou en marchant?” Le gars à côté d’elle lui sourit.

Une fraction de seconde plus tard, je croise l’autre gars et je l’entends répondre platement “On va plus vite en gambadant”. Il marche.

Note: ce texte est un exercice d’écriture proposé par Martin Winckler.

Il part aujourd’hui. Je vais manquer ça. Maudite labyrinthite. Je me suis levée ce matin et je suis littéralement retombée par terre. Moi qui avais tout planifié.

J’avais imaginé que ça commencerait comme d’habitude. Il passerait près de mon bureau, m’effleurerait la main de son doigt. La première fois qu’il l’avait fait, j’en avais frissonné. On ne me l’avait pas présenté, mais je l’avais remarqué tout de suite. Probablement un stagiaire, que je me disais. Grand, blond, les gestes doux et précis quand il mangeait. Il avait toujours un lunch, dans des petits plats tout propres. Préparé par sa mère? Je m’en foutais, c’est lui que je dévorais des yeux. Il a dû remarquer.

Puis il continuerait son chemin, vers un de nos endroits de prédilection. Au début, on se servait surtout de la toilette. Celle des handicapés, qui est privée, qu’on peut barrer et qui nous offre de pratiques barres de soutien. Tout au long de l’été, on avait trouvé d’autres bons lieux. Aujourd’hui, ce serait la cage de l’escalier qui descend au 18e. Un vestige d’avant les compressions, quand nous avions deux étages. Maintenant elle ne sert plus à rien: le 18e est barricadé. On ne peut pas s’y embarrer, mais plus personne ne s’y rend, alors c’est idéal pour nous. Une minute plus tard, je le rejoindrais.

Ça se passait toujours en silence. Peur d’attirer l’attention? Gêne mal placée? J’ignore encore son nom. Je n’oserais pas m’informer à des collègues; ça ferait jaser. J’imagine qu’on jase déjà, mais je préfère ne pas y penser. Aujourd’hui, pour la première fois, j’allais lui parler. “Je veux continuer à te voir.” Il aurait été d’accord, bien sûr. Nous aurions pris rendez-vous. “Chez moi ou chez toi?” Chez moi, évidemment. Il habite bien chez sa mère. Demain? “Demain.”

Ça ne durait jamais longtemps. Une dizaine de minutes, pas plus. Au fil de l’été, nous avons vécu une longue première nuit d’amour, découpée, décuplée. Lui que j’aurais cru hardi, violent presque, était plutôt timide au début. Peut-être était-il encore vierge? Chaque jour, il me revenait plus habile, plus vaillant. Je le moulais à mes envies. À la fin, il me faisait jouir plus souvent que je pouvais lui rendre le pareille.

Demain, il serait venu chez moi. Nous aurions pris tout notre temps, pour une fois. Nous aurions pu rassembler tous les morceaux. Les mains, les langues, les sexes, sans interruption, pendant des heures. J’aurais joui comme je n’ai jamais joui. Et il aurait joui lui aussi, avec moi, en moi. Comme je l’attends depuis des mois. Enfin.

À la place, je suis clouée au lit, la tête qui tourne, le sexe qui coule, qui pleure. Et j’espère qu’il me cherche, qu’il s’inquiète. J’espère qu’il avait fait des plans comme les miens. Qu’il veut continuer à me voir, lui aussi. Qu’il n’est pas en train de me ranger avec les autres bons souvenirs de son premier stage. J’espère qu’il s’informe de moi. Qu’on lui donne mon adresse courriel, quelque chose, n’importe quoi.

Que ce ne soit pas fini.

J’ai un ami (c’est pas moi, je le jure) qui explique ainsi pourquoi il n’aide pas les autres à déménager:

Un jour, l’homme a découvert un principe fantastique: le levier. Fait que moi, je force pas.

Quand je vois des gens courir, je pense toujours à cette autre fabuleuse invention humaine: la roue. Se déplacer à pied, on devrait réserver ça pour quand on n’est pas pressé. S’il faut aller vite, prenons un vélo. C’est le moyen de transport qui offre le meilleur rapport entre la dépense d’énergie et la distance parcourue. La preuve: moi-même, qui suis loin d’être en forme, peux battre le meilleur coureur au monde sur la distance d’un marathon, tant qu’on me laisse utiliser mon vélo, qui vaut lui-même moins cher que les souliers portés par le marathonien. Et je pourrai repartir sans problème, alors que le coureur sera au bout de ses forces et aura mal partout. La course, c’est violent pour le corps.

Marathon de Montréal 2009

Ce matin, les marathoniens passaient à côté de chez moi. Je les ai regardés un peu. Mais j’étais incapable de les applaudir. Je n’ai pas vu un seul sourire. Tout ce que j’ai vu, c’est de la souffrance. Comme je suis un peu masochiste moi-même, je peux comprendre. Compatir, même. (Vous auriez dû me voir grimacer en les regardant.) Mais admirer? Applaudir? Franchement, non.

red light, paris

Je sors de la pharmacie et je me dirige vers chez moi. Elle est devant moi, pas si loin. Faut dire qu’elle marche vraiment lentement. Et assez mal, même en talons plats. Elle n’est pas (encore) mannequin, c’est clair. À moins que ce soit son plaisir coupable? Quand elle ne travaille pas, elle se permet de marcher comme une truie.

Toujours est-il que c’est pas long que je la rattrape, avec l’aide d’un feu rouge. Nous attendons la lumière verte un à côté de l’autre. Je me demande si je peux utiliser une de mes lignes de lime à ongles auxquelles j’ai pensé tantôt. On est déjà à quelques coins de rue de la pharmacie, je décide que ça me donnerait l’air un peu creep.

Je l’observe un peu moins discrètement. Elle ne me voit pas du tout, trop occupée à regarder un peu partout autour d’elle. Elle a l’air à la fois émerveillée et hébétée. J’avais peut-être raison quand je pensais qu’elle débarquait en ville. Ou alors elle est gelée. Ça se drogue pas mal, dans ce métier-là, j’ai entendu dire. À moins qu’elle soit vraiment désespérée de ne pas trouver de lime à ongles en diamants. Je songe à lui indiquer qu’il y a un Pharmaprix 5-6 coins de rue plus loin. Je pourrais même me proposer pour l’accompagner jusque là. Devenir son guide touristique personnel pour l’après-midi, lui faire découvrir les bas fonds de la métropole. Puis la découvrir de ses bas-culottes et de tout le reste. Mais encore là, si je demeure dans le thème pharmaceutique, elle va se demander d’où je sors ça.

Je suis en train de réfléchir à tout ça quand son regard décide enfin de se fixer. Pas sur moi, heureusement (y a rien qui me paralyserait autant que ça), mais plutôt sur quelque chose ou quelqu’un derrière moi. Elle semble vraiment fascinée. Je me retourne pour voir ce qui peut l’intriguer autant. Je ne vois rien de spécial. Ah, y a un Noir qui attend l’autobus. Peut-être que c’est la première fois qu’elle en voit un “dans la vraie vie”? Ça appuierait ma thèse de l’ingénue qui débarque tout juste de son village lointain.

Je ramène mon attention vers elle. Elle fixe toujours derrière moi. J’ose:

- Est-ce que ça va? T’as l’air vraiment fascinée par quelque chose…
- Oui, ça va. Je regardais lui.

Elle pointe le Noir de la tête. Je suis fort. Elle continue:

- Il a l’air un peu perdu, je pense qu’il a besoin d’aide.
- Ah oui, t’as raison, il cherche quelque chose sur une carte.

Ah, je suis pas si fort, finalement. Et je m’embourbe, dès maintenant.

- Je devrais peut-être aller l’aider.
- Ben oui! Est-ce que tu connais bien la ville?
- Oui, je la connais bien. Pas toi?

Je travaille fort pour empêcher que cette conversation se termine si vite. Mais la lumière tourne au vert.

- Bon ben je vais te laisser aller l’aider. Bonne journée!

Et elle traverse la rue. Moi j’ai pas le choix d’aller voir l’autre perdu. Je me suis habilement fait flusher. Bien joué, petite.

Lime à onglesJe suis chez Jean Coutu. J’attends en file près de l’enseigne “Donnez” du comptoir du pharmacien. Je n’ai que ma prescription à donner, puisque le bon Jean m’a déjà dépanné (un terme d’industrie, apparemment) la semaine dernière alors que je ne la trouvais plus. Ce ne sera pas bien long.

Une employée approche, suivie d’une grande brune qui attire tout de suite mon attention. Elles se dirigent vers une section à côté de moi. J’observe et j’écoute, discrètement. L’employée lui présente les différentes limes à ongles disponibles.

- En avez-vous aux diamants?

Elle me donne l’impression d’être mannequin. Peut-être aspirante mannequin, parce qu’elle marche très mal. Elle vient sans doute de débarquer en ville, pour réaliser son rêve. Elle est très grande, très mince, très jeune et très belle. Aussi, sa peau est parfaite, même sous les néons blêmes d’une pharmacie. Ça me tente de lui demander si ils mettent des vrais diamants dans sa lime à ongles favorite. Et combien elle coûte, tiens.

- Non, on n’en a pas des comme ça. Peut-être que tu pourrais aller voir à l’autre?
- Ah non, j’en arrive de l’autre. Ça fait déjà trois que je fais, j’arrive pas à en trouver.

Tiens, elle est geignarde. Ça fitte avec le profil mannequin. Elle a aussi un côté dégingandé, presque maladroit. On dirait qu’elle a grandi trop vite. Et son visage n’est pas parfait. Il y a un petit défaut, que je n’arrive pas à identifier, mais qui accroche l’oeil. C’est en plein le genre de visages qu’ils recherchent dans ce métier. Ça me tente de lui demander si c’est tellement meilleur avec des diamants que ça mérite un tel magasinage.

Mais c’est à mon tour de parler au pharmacien. Et une fois que j’ai donné mon bout de papier, elle est déjà partie.

J’attends en ligne à l’épicerie pour payer mon muffin. La madame en avant de moi, qui achète un paquet de gommes, regarde l’étalage de gratteux et la banderolle du gros lot du 6/49, imprimée avec la valideuse, qui dit: 4 millions.

La madame: Ce gros lot-là, c’est-tu pour le prochain tirage?
Le caissier: Je sais pas. Attendez, c’est écrit ici.

Il pointe le coin en bas à gauche et essaie de lire, mais c’est à l’envers pour lui (les gratteux sont sur le comptoir) et il a de la difficulté.

La madame: Hum, attends, oui, ici! Tirage du 8 août. C’est pas le prochain.
Le caissier: Désolé.
La madame: Peux-tu me dire c’est quoi le gros lot du prochain tirage?
Le caissieur: Heu, un instant.

Le caissier se plonge la tête dans les menus de la valideuse, mais manque clairement d’expérience avec ça. Il demande l’aide de l’autre caissière à côté de lui. Elle commence à lui donner un cours de valideuse. Moi je commence à m’impatienter.

Pendant que les deux ont la tête penchée au dessus de la valideuse, la madame regarde l’écran de publicité planté dans le haut de la machine. Ça prend pas 10 secondes que le montant du prochain gros lot passe: 9 millions.

La madame: Oh, c’est beau, c’est 9 millions, ça vient de le dire!
Le caissier: Oui, un instant, je finis d’imprimer le bandeau et je vous en donne.
La madame: Non, c’est beau, merci beaucoup!

Elle s’en va.

Moi: Eh ben, c’est pas assez pour elle, 9 millions.

Le caissier sourit.

Quand j’ai fini de tartiner mes toasts, je lèche le couteau. Deux bonnes grosses lichées. Il est propre propre propre quand j’ai fini.

Quand j’étais enfant et que je faisais ça, ma mère me disait: “Fais pas ça, tu vas te couper la langue.” Ça doit bien faire trente ans que je fais ça et il n’est jamais rien arrivé à ma langue. Des fois, il ne faut pas écouter sa mère.

Je sors des Co-pains d’abord. Je m’y suis arrêté pour acheter mon lunch, en route vers chez Luc. Je suis toujours un peu sur mes gardes quand je suis dans ce coin-là. Mon ex demeure pas loin. On n’est pas en chicane, mais on ne se parle plus. Mais aujourd’hui j’oublie de penser à elle.

Je débarre un Bixi et je m’installe au guidon. Les bonnes instances ne m’aimeraient pas: non seulement je ne porte pas le casque, mais une de mes deux mains est occupée à tenir un café au lait. Ne pas en renverser, ne pas me brûler, ne pas en renverser, ne pas me brûler. Je suis un véritable poster child de la sécurité à vélo.

Ça ne m’empêche pas de regarder un peu autour de moi. Je suis sur Mont-Royal, il y a des filles. Justement il y en a une grande mince là-bas qui s’approche sur une rue transversale. Elle porte un petit top jaune, léger, joli. Elle respire l’été.

Mon regard revient sur elle. Je la distingue mieux maintenant. Ah oui, elle est quand même cute. Oh fuck, c’est mon ex. Elle voit que je la regarde, elle m’a reconnu. Panique.

Je lui souris, je lui fais un signe de la tête. Elle fait de même. Je suis déjà rendu pas mal loin. J’ai la tête qui regarde plus derrière que devant. Ne pas en renverser, ne pas me brûler, ne pas en renverser, ne pas me brûler.

Je me retourne en avant et je continue à rouler.

Tantôt j’ai été pris d’une rage de ménage. Le samedi, de minuit à trois heures du matin. Je suis de party de même. C’est probablement une phase hypomaniaque qui commence. Pour ceux qui suivent mon cas, mon diagnostic est passé du côté des troubles bipolaires, soit de type II ou cyclothymiques, selon l’intensité qu’on donne à mes phases dépressives. J’ai trouvé ça moi-même comme un grand, et le pire c’est que mon psy est complètement d’accord avec mon auto-diagnostic. Peut-être que je devrais devenir psy moi-même.

Après avoir lavé toute ma vaisselle (y en avait un paquet!) puis ordonné mon recyclage (une immense pyramide informe: ça fait un mois que je le rate) tout en refaisant pour la enième fois le plan d’affaires de Broche à foin .BIZ dans ma tête, je me suis déplacé vers la chambre.

J’ai changé mes draps. Il était plus que temps. Je me suis posé deux questions:

  1. Quand on s’est fait vendre un matelas de deux pieds d’épais comme le mien et que le drap contour n’arrivera jamais à contourner le matelas au complet, est-ce qu’il est préférable de tricher au niveau des pieds ou de la tête?
  2. Est-ce que les fabricants d’oreiller en duvet font exprès de ne pas bien emballer les plumes pour qu’il y en ait toujours une ou deux qui s’échappent quand on change la taie? Ça nous rappelle qu’on ne s’est pas payé de la camelote là non plus. Habile de leur part.

Et comme je vis seul, c’est à vous, ami-e-s sans visage et sans voix, que je pose ces questions.

Pis tant qu’à y être cuL et moi nous demandons quels mots auraient été utilisés en 1972 par ces geeks pour dire que “Les graphiques sont malades”. Vous nous aidez?

Vous le savez, j’aime parler frigo. Plus spécifiquement, j’aime parler de pas-de-frigo. Je pense que pas-de-frigo est le nouveau pas-de-télé. Le genre de truc qu’on peut plugger facilement dans une conversation et qui donne l’air frais. Alors j’étais presque content quand mon frigo s’est mis à ne plus fonctionner un peu avant les Fêtes.

Petit à petit il se réchauffait, les signes s’accumulaient: du lait suspicieux, du fromage qui vire bleu un peu trop vite et, cerise sur le sundae, la glace dans le congélateur qui devient de la vulgaire eau. À cette étape-là, j’ai commencé à me servir du congélateur comme frigo. Je me trouvais ben smatte. Mais la déchéance s’est poursuivie et bientôt le lait caillait même dans le congélateur.

J’ai commencé par utiliser mon bon vieux truc de la glacière sur le balcon. (Vive l’hiver!) Mais janvier a été assez froid cette année. Mon frigo de fortune était plus un congélateur de fortune. Pas très pratique quand vient le temps de se verser le jus d’orange du matin. Et puis ouvrir la porte du balcon plusieurs fois par jour quand il fait -20° dehors, c’est plus ou moins tentant. Survient donc cet éclair de génie:

Le cadre de fenêtre comme frigo

Le cadre de fenêtre comme frigo

Alors là, j’étais pas peu fier. D’abord, le cadre de fenêtre offre une température à la fois plus proche du convoité 3°C et beaucoup plus stable d’un jour à l’autre que la glacière à l’extérieur. Ensuite, les aliments sont beaucoup plus accessibles: juste à ouvrir la fenêtre intérieure, prendre ce qu’on veut et la refermer. Enfin, il y a beaucoup moins de froid qui entre dans la maison avec ce système. C’est win-win-win, comme disent les Marocains.

J’ai toughé comme ça pas loin d’un mois, jusqu’à ce que je me rende compte que la garantie de mon frigo réusiné échouait dans la semaine. Je suis paresseux, mais pas à ce point-là quand même. R.V. Dupuis a honoré sa garantie de façon exemplaire. Je ne saurais suffisamment les recommander. Le lendemain de mon appel, un technicien se présentait chez moi et constatait que c’était pas réparable sur place. L’après-midi même, on m’apportait un frigo de courtoisie pendant qu’on amenait le mien à l’atelier, où son trépas fut confirmé. J’ai choisi son remplaçant parmi la flotte d’appareils reconditionés de R.V. et on me livrait le lendemain.

Depuis quelques jours, ce nouveau (vieux) réfrigérateur ronronne tranquillement dans ma cuisine. Mais je ne peux m’empêcher d’observer un paradoxe: il fait froid dehors, alors je chauffe en-dedans, mais mes aliments ont besoin de fraîcheur alors je refroidis l’intérieur du frigo. N’y aurait-il pas moyen d’être plus efficace et d’utiliser pour nos aliments, en hiver du moins, cette ressource très abondante au Québec qu’est le froid?

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