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Archives mensuelles : octobre 2008

Je vous ai déjà parlé d’xkcd, un webcomic pour les geeks. Son dernier strip m’a bien fait rire:

Ça m’a rappelé une partie de Boggle en famille, durant laquelle mon père avait trouvé le mot “stupre” (6 lettres, 3 points!) dans la grille de 16 lettres. Je ne me souviens pas de mon âge, mais ça ne faisait pas encore partie de mon vocabulaire. J’avais demandé:

- Qu’est-ce que ça veut dire?
- C’est comme dans l’expression “le stupre et la fornication”.

Évidemment, ça ne me disait rien de plus, mais il était clair que la discussion était close, et que j’allais devoir attendre un autre moment pour chercher ce mot dans le dictionnaire.

J’ai envie de crier à xkcd: “Si mon père peut le faire, toi aussi. Clitoris FTW!”

Accessoirement, j’ai aussi envie de lui dire que l’option ‘OSTRICH’, qu’il mentionne dans le TITLE de l’image (laissez votre souris au-dessus pour voir ce texte apparaître) le priverait du bonus de 50 points alloué pour l’utilisation de toutes ses lettres.

post-it note elvis

Où je travaille il y a une grande aire ouverte et quelques bureaux fermés autour. Les bureaux sont fermés par ce qui ressemble à des portes-patios, le screen en moins. Deux grandes vitres coulissantes, de dimensions égales. Quand une porte est complètement ouverte ou complètement fermée, l’image est presque identique. Alors il arrive ce qui arrive souvent avec les portes-patios: les gens se cognent à une porte fermée.

Évidemment, quand ça arrive aux autres, c’est très drôle. Mais pour la victime, c’est différent. D’abord, on se sent vraiment épais. Ensuite, on se rend compte qu’en plus d’être épais, on s’est vraiment fait mal. Enfin, on se retourne et on voit tout le monde qui rit ou se retient tant bien que mal de rire. Imaginez que c’est votre troisième journée dans la place, et ce n’est vraiment plus drôle.

Je suis en arrêt de travail depuis un mois et demi. Je passe au bureau des fois, mais seulement le soir ou la fin de semaine, quand il n’y a personne. (C’est con, parce que ce sont les gens que j’aime le plus de cet endroit, mais c’est comme ça que je file ces temps-ci.) Ça me permet de suivre de loin ce qui se passe. Je lis mes courriels, je vois les bureaux qui s’ajoutent, qui se déplacent. Mon bureau, où on avait d’abord logé temporairement un pigiste, et qui ne semble plus exister maintenant.

Et depuis quelques semaines, l’ajout graduel de Post-It dans les portes vitrées. Des mosaïques, plusieurs couleurs, plusieurs formats. Jamais rien d’écrit sur les petits papiers autocollants. J’ai cherché un sens, une logique. Une nouvelle forme d’art? Puis j’ai cru à une inside joke, qui commence dans un bureau et qui se répand à tous les autres tranquillement, parce que tout le monde aime la joke et veut la perpétuer. On est bons là-dedans où je travaille.

Cet après-midi je suis passé là-bas et je n’étais pas seul. Mon ami, collègue et partenaire squatteur de bureau y était. Il m’a mis au courant des derniers développements. Comme je n’ai plus de poste de travail, je ne prends plus mes emails, et je traîne de la patte dans les actualités. Puis je me suis informé à propos des Post-It. “Ah ça? Y avait de plus en plus de monde qui se cognait sur les portes.” Fiat lux! C’est une mesure de sécurité. Simple et efficace: maintenant on voit très bien quand une porte est fermée.

Ensuite j’ai eu envie de raconter cette révélation anodine. C’est le genre de petite chose banale qu’on ne peut que partager avec des gens qu’on voit régulièrement: un coloc, une blonde. Je lui aurais déjà parlé du mystère des Post-It, et sans raison particulière j’aurais lancé: “Oh tu sais l’histoire des Post-It dans les portes? J’ai enfin appris c’était pourquoi!” Mais je vis seul, et je n’ai plus de blonde. Alors je raconte ça ici. J’imagine que c’est une des raisons derrière ce blog: il est mon compagnon quotidien imaginaire.

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