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Archives mensuelles : janvier 2008

J’en ai déjà parlé, mais je viens de le revivre.

Je déjeune en lisant tranquillement No Country For Old Men. J’ai découvert que j’aime assez manger seul au resto. Tant que je sais d’avance que c’est ce que je vais faire. Manger seul parce que je me suis fait poser un lapin, c’est une autre paire de manches.

Donc, je mange, je lis et de temps en temps je lève la tête pour regarder ce qui se passe, et spotter des filles. En voilà justement une qui revient des toilettes et qui est ma foi pas mal. Grande, mince, brune avec de belles petites formes bien mises en évidence par sa tenue. Miam. Elle retourne s’asseoir, à l’autre bout du resto. Je vois qu’elle est à une table à quatre, avec une autre fille à ses côtés, mais je ne peux pas voir qui est assis en face d’elles, ma vue est obstruée.

Un peu plus tard, lors d’une autre pause dans ma lecture, je vois la fille en question debout dans le milieu du restaurant, en train de mettre son manteau et de jaser avec ses voisins de table, ses parents.

J’ai déjà dit que l’âge d’une fille, ça m’importe peu. Tant qu’elle est full grown, comme disait Jon Spencer, je ne vois rien de mal à la trouver cute et à avoir envie de faire des cochonneries avec elle. Ce n’est pas ce que je recherche vraiment, mais je ne dirai pas non si ça me tombe dessus (ce qui suppose que je commence à vivre dans un univers parallèle fonctionnant selon la logique des films pornos, donc pas de danger).

Par contre, je viens de réaliser qu’une fille qui reste chez ses parents, c’est quand même un turn off.

Deux des trois derniers matins, je me suis réveillé en rêvant à elle. D’un côté, c’est le fun, parce que ces rêves sont assez plaisants. De l’autre, ça veut dire que mon désir vient de franchir un autre pas vers l’obsession, ce qui ne m’aide pas vraiment à transformer ces rêves en réalité.

Pour me consoler, mon Shuffle m’a fait un beau cadeau. J’ai mis le pied hors de l’autobus et il a commencé la lecture de Bittersweet Symphony de The Verve, qui a accompagné ma marche jusque chez moi. Le fadeout s’est terminé juste comme je tournais la clé dans la porte. Timing parfait. Et comme toune de marche, Bittersweet Symphony est dure à battre. Chaque pas te fait sentir un peu plus bad ass, jusqu’à que tu te sois prêt à tout arracher.

Quand l’objet de ton désir t’invite à marcher un bout avec elle, tu ne lui dis pas comme moi que tu t’en vas de l’autre côté ce soir. Tu oublies tes plans et tu la suis. C’est pas grave si tu es une fois de plus en retard chez ton psy. C’est encore moins grave si tu manques ton rendez-vous complètement.

Même mon psy est d’accord: je suis un crétin.

Les axes principaux de ce remplissage sont:

  • Mon intérêt renouvelé pour la musique électronique, réveillé par Justice et nourri par des blogs musicaux d’ici et d’ailleurs
  • Une razzia d’un soir de succès (si possible obscurs) de la deuxième moitié des années 80
  • Les restants d’une razzia précédente orientée yé yé franco

Comme toujours, quelque tounes ont résisté au ménage initial. Le reste du remplissage s’est fait en défilant les artistes en ordre alphabétique croissant. Je n’ai pas eu le temps de me rendre en bas.

Contrainte particulière: une toune maximum par artiste. Je me suis permis quelques entorses dans le cas des remix. Klaxons sont présents deux fois, mais la deuxième toune est un remix de Brodinski, qui tient lieu d’artiste principal. Sauf que Brodinski a aussi un autre remix dans la liste (Fuck Friend de Bitchee Bitchee Ya Ya Ya), alors on peut dire que je ne respecte pas mes propres contraintes.

La liste complète suit après le break. Read More

iPod Shuffle Je n’ai qu’un iPod, et c’est le plus cheap. Un Shuffle première génération de 512 Mo. C’est peut-être la troisième de mes possessions que j’aime le plus, après mon vélo et mon sac Cocotte.

J’aime qu’il soit presque indestructible. (Je devrais pas dire ça, la dernière fois ça m’a porté malheur.) J’aime qu’il ait juste 5 boutons en tout, et que je puisse m’en servir à travers quelques couches de vêtements, juste au toucher. J’aime qu’il puisse servir de mini-disque USB à brûle-pourpoint. J’aime l’expression “à brûle-pourpoint”. Mais par dessus tout, j’aime qu’il m’oblige à choisir dans ma musique.

Ma librairie iTunes est rendue à 33,83 Go, 7081 morceaux, 20 jours. Et ça grossit chaque jour. Mon Shuffle ne sera jamais plus gros que 480 Mo, environ 120 morceaux, +/- 8 heures. Ça veut dire qu’il contient au plus ~2% de ma musique. C’est ce qu’on appelle la crème.

Le remplissage du Shuffle est une opération complexe et itérative. Je commence par enlever tout ce qu’il y a dedans que je n’ai plus envie d’entendre. Normalement il ne reste plus grand chose après ça. Puis je remplis petit à petit, en furetant au hasard dans différents classements: date de l’ajout, nom de l’artiste, genre, nombre d’écoutes. J’ai aussi commencé à ajouter des contraintes supplémentaires, juste pour le fun. Par exemple, lors du dernier remplissage, je me suis dit qu’il n’y aurait pas plus d’une toune par artiste.

Une fois le Shuffle plein, il faut le mettre à l’épreuve. Sa mission est de rendre une épicerie ou une ride en métro agréable. Si je me surprends à skipper des tounes, c’est mauvais signe. De retour à la maison, je les enlève et je les remplace. Après quelques rondes similaires, j’arrive habituellement à un Shuffle qui peut durer pas loin d’un mois dans mes oreilles. Évidemment, il est ajusté régulièrement pour faire place à de nouveaux arrivages, mais le core de la sélection toughe pas mal.

Ce n’est pas vraiment un mix tape, parce que c’est trop long, trop varié et que l’ordre est de toute façon aléatoire. C’est une sélection de pièces qui me donnent de la joie, pour des raisons souvent bien différentes. Je vais commencer à archiver ces sélections ici-même. Elles seront taggées “dans le Shuffle“.

Ma deuxième résolution 2008 sera beaucoup plus difficile à tenir que la première. J’ai même de la difficulté à l’écrire.

Vous le savez, j’aime regarder les filles. Je suis même pas mal toujours aux aguets. Je fais ça le plus discrètement et le plus honorablement possible. Je suis honnêtement plus attiré par un visage, des yeux ou une coupe de cheveux que par un cul ou des seins. Donc vous ne me verrez jamais reluquer une fille de la tête au pieds, ou le regard perdu pendant une minute dans un décolleté.

Pourtant, chaque fois que l’objet d’un de mes désirs me prend en flagrant délit, je fige. À partir du moment où ses yeux se dirigent vers les miens, je déplace mon regard le plus vite possible, je baisse la tête, et je m’abstiens de reluquer à nouveau la fille en question. J’agis en coupable. Et si j’agis en coupable, c’est que je me sens coupable. Pourtant, il n’y a rien dans ce que je désire à ce moment précis qui justifie ce sentiment. Je ne suis pas en train de l’imaginer nue, je ne fais pas de plans pour la suivre jusque chez elle, je ne suis pas un creep, je la trouve juste cute. Mais ce n’est pas ce que ma réaction dit. Ma réaction est celle d’un creep.

Ma résolution est de changer cette réaction. Au lieu de me défiler des yeux, je voudrais soutenir le eye contact, et sourire à l’objet de mon désir. C’est tout.

Ne devrais-je pas plutôt me demander pourquoi je me sens coupable d’éprouver du désir pour une fille que je trouve de mon goût? Essayer d’atteindre la racine du problème? Peut-être, mais j’ai l’impression de ne faire que ça depuis des années, avec un succès mitigé. Je veux donc attaquer le problème de l’autre côté, par le geste. Y aller par conditionnement plutôt que par introspection. Et voir jusqu’où cela me mènera.

Tantôt au bureau, un gars contait l’anecdote de la blonde qui demande à son chum: “Si t’étais pas avec moi, avec laquelle de mes amies t’aimerais le plus être?” Je sais pas si c’est du vécu pour lui, un ami, ou s’il inventait l’histoire complètement, mais moi je disais qu’il n’y avait pas de bonne réponse à ça, à part “Je n’aime que toi chérie”.

C’est le réflexe que j’ai développé auprès de mon ancienne blonde, qui était assez forte dans ce genre de pression passive-agressive. (Au moins, elle saluait toujours avec joie ma “Bonne réponse!”) Mais plus j’y repense, plus je me dis qu’une fille qui pose cette question mérite qu’on lui réponde “Ça dépend, laquelle a un kick sur moi?” ou encore “Y en a-tu qui sont bisexuelles?”

Mais les gens comme Frédéric Guindon (l’auteur de cette très jolie phrase) ainsi que tous ses collaborateurs au Grand Recueil de la Bonne Musique, oui.

L’édition 2007 vient tout juste de sortir, et c’est une véritable mine de pépites d’or pour entendre (ou réentendre) tout ce qu’on a manqué (ou aimé) l’année passée. Hautement recommandé. Comme c’est quand même une clique, il y a pas mal de choix consensuels (M.I.A., Justice, Omnikrom, Ghislain Poirier), mais au moins ce sont des bons choix. Et il y a aussi quelques outsiders qui osent par exemple parler des White Stripes ou encore de Queens of the Stone Age. Donc ça vaut la peine de lire les tops de chacun des contributeurs, et pas seulement se contenter du palmarès global. Moi-même je ne suis rendu qu’à la moitié. Préparez-vous à perdre plusieurs heures à regarder des vidéos, écouter des tounes sur MySpace et en télécharger illégalement.

Le cas Tricot Machine est intéressant. Mentionné 7 fois, ce qui leur vaut un ex-aequo avec Kanye West (!), leur album éponyme est aussi assez crûment démoli par Éric Bertrand:

Je comprends juste pas. Je suis de la génération Passe-Partout moi aussi, mais ça ne veut pas dire que j’ai encore quatre ans d’âge mental (dans mon cas, c’est seize ans en fait). Je ne vois pas ce qu’il y a de cute à voir un couple de simili retard pianoter sur un keyboard Fisher Price et tapocher sur des casseroles. J’ai rien contre eux personnellement, mais je pense pas qu’on deviendra des amis. De plus, svp, Mathieu, fais-toi pousser des couilles. Tsé, t’es pas obligé de battre ta blonde, mais faire le tapis c’est pas ben mieux.

Ouch.

François Lachapelle, de son côté, s’excuse presque de le mettre dans son palmarès:

Je pourrais me mentir et ne pas le mettre. Le hype est passé, c’était cool sur Myspace (vous vous rappelez Myspace?), maintenant c’est cool de faire croire qu’on a jamais aimé ça. Je ne peux juste pas.

Si je comprend bien, au début c’était cool de les aimer, mais là y a eu un hype et c’est cool de ne les avoir jamais aimé, mais ce qui encore plus cool, c’est de dénoncer ce cool-là, et de dire qu’on les aime encore. Pas facile, rester cool.

Moi j’ai entendu leur album une fois. Entendu, pas écouté, la nuance est importante. Ça ne m’a pas accroché. Ça a été tout. Peut-être que comme pour Malajube, je vais attendre que tout le monde soit écoeuré de m’en parler pour les écouter comme il faut, et me mettre à aimer ça. Mais je ne parierais pas là-dessus.

Il n’y a pas tant de collaborateurs qui ont fait des listes de chansons, alors je tiens à saluer Étienne Côté-Paluck qui, à défaut de concision (un top 70!), est le seul à mentionner New York I Love You the LCD Soundsystem, qui est ma toune de l’année.

D’ailleurs mes palmarès à moi s’en viennent, d’ici bientôt (yeah right). En attendant, je vous laisse avec le vidéoclip de l’année de G.U.I.N.D.O.N., qui est effectivement on ne peut plus excellent, autant musicalement que visuellement: SIGNATUNE (Dj Mehdi / T. Bangalter edit).

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