Thriller a 25 ans. Ces Londoniens savent comment célébrer:
Définitivement ma chorégraphie pop favorite. Merci, Jean-Michel!
Thriller a 25 ans. Ces Londoniens savent comment célébrer:
Définitivement ma chorégraphie pop favorite. Merci, Jean-Michel!
En rentrant tantôt, j’avais un peu faim. J’ai rincé un couteau, puis coupé un muffin anglais en deux, que j’ai foutu dans le four/grille-pain. Il me manquait juste une assiette propre. Au lieu d’en laver une, j’ai déposé un essuie-tout dans le fond d’un couvercle souillé de plat préparé qui traînait justement sur le comptoir de cuisine. Bravo moi.
Le collège Regina Assumpta est sur le chemin qui me mène à mon arrêt d’autobus. C’est un collège privé, auparavant réservé aux filles. On y porte encore l’uniforme. Chaque matin, alors que le soleil se lève à peine, je croise des dizaines de jeunes écolières, vêtues comme dans les fantasmes de vieux cochons, qui se dirigent tranquillement vers les bancs d’école. Et franchement, elles ne me font pas tant d’effet.
Ce matin, je traversais la rue au coin du collège, quand j’ai remarqué une grande brune qui marchait devant moi d’un bon pas, seule. Elle s’est tourné vers moi, m’a regardé. Je l’ai regardé aussi. Elle était belle. Elle a continué vers l’Est, moi plein Sud. Je ne la voyais plus que de dos. Et je me suis rendu compte qu’elle s’en allait à l’école.
Cette fille a moins que la moitié de mon âge. Et si elle le voulait, elle pourrait me détruire complètement. J’aime pas les filles.
C’est un peu un concours d’update de blog avec cuL, mais ça fait quelques jours que j’ai envie de signaler ce magnifique vidéo, et il a été un des hits de la soirée:
Ça date de plus d’un an, et les gars sur Goudaille en parlent comme d’un classique intemporel, mais moi je viens à peine de découvrir ce chef-d’oeuvre. Tout est parfait dans ce clip, de l’animateur concerné au reporter méticuleux jusqu’au sujet du reportage lui-même. Ce que la télé a de mieux à offrir. Si YouTube (ou tout autre site similaire) s’occupe d’archiver ces grands moments, voulez-vous bien me dire pourquoi j’aurais besoin d’une télévision?
Je suis retourné voir I’m not there jeudi dernier.
Ce film avait eu un effet très puissant sur moi quand je l’ai vu à la fin du Festival du Nouveau Cinéma cet automne. J’étais en pleine tourmente quant à mon couple à l’époque, et trois jours plus tard je laissais ma blonde. Je voulais le revoir à tête et coeur reposés, pour vérifier si les émotions que j’avais ressenties ne venaient pas plus de moi que du film.
Aux deux tiers du film, Dylan-Rimbaud nous liste “seven rules for a successful life in hiding”, pendant que nous voyons Dylan-Billy The Kid les mettre en pratique. La septième: “Never create anything. It will be misinterpreted. It will chain you and it will follow you and it will never change.” J’ai la larme à l’oeil. Puis on revient à Richard Gere, qui arrête de marcher et tourne lentement la tête. On coupe à ce qu’il regarde: des gens qui remplissent leur baluchon et s’apprêtent à quitter le village. Et en arrière-plan, une girafe. Et les vannes ouvrent. Je pleure à chaudes larmes, et ça n’arrêtera pas jusqu’au générique.
J’essaie de m’expliquer pourquoi ce film m’émeut tant. Je n’y arrive pas tout à fait, et je crois que c’est une partie de la raison. C’est une oeuvre dense et vaste, qui me dépasse amplement comme spectateur. Quelque chose que je ne pourrai jamais complètement comprendre. Pour moi qui me définis d’abord par mon intelligence, ne pas tout comprendre est un événement rare, que je chéris beaucoup.
Je déménage dans deux semaines et j’ai besoin de boîtes. Sauf que je ne suis pas capable d’en demander. Chaque fois que je vais à l’épicerie, j’y pense et ça me gêne, et je me dis que je pourrai toujours en demander la prochaine fois. Ça va durer comme ça jusqu’à ce que ce soit urgent. Et alors je vais en manquer, et je vais devoir en acheter. Acheter des boîtes. Je suis loser de même.
Après mon évaluation à l’urgence psychiatrique au début de l’automne, on m’a conseillé l’hôpital de jour. J’y ai pris rendez-vous, et quelques semaines plus tard un psychiatre un peu bonasse m’accueillait, flanqué d’une infirmière et d’une stagiaire. Moi j’étais flanqué de mon frère, qui allait plus tard me révéler que la stagiaire avait passé tout l’entretien à faire des doodles sur son pad.
Le psy me pointe une citation d’Einstein sur le mur de son bureau: “We can’t solve problems by using the same kind of thinking we used when we created them.” et avant même que j’aie pu placer un mot, il m’explique que la psychanalyse, c’est pas bon pour les “borderline” comme moi qui sont déjà très accaparés par leur propre esprit. Ça crée un feedback loop de réflexion qui souvent empire les choses.
Non, ce que ça me prend, c’est l’entraînement aux habiletés psychosociales de Marsha Linehan, un traitement de type dialectique, où le but n’est pas de comprendre, mais de se placer dans l’action avec une série de gestes apparemment anodins, mais qui viennent petit à petit à faire tilter notre cerveau. Il me donne cet exemple: aller dans une fromagerie, demander à goûter deux ou trois fromages et partir sans rien acheter. Ça me semble attirant. C’est vrai que ce me ferait changement du divan.
Normalement, c’est un programme qui se donne en six semaines, durant lesquelles le patient (c’est moi, ça!) doit être à l’hôpital tous les jours (d’où le nom “hôpital de jour”, duh). Comme j’ai maintenant un boulot, et que je vais déjà beaucoup mieux que lorsque j’étais entré à l’urgence, le bon docteur me donne le petit guide, et me dit: “Vous êtes un garçon brillant, vous êtes capable de le faire par vous-mêmes.”
C’est là qu’il se trompait. J’ai lu tout le guide en me disant souvent “Ah oui, c’est intéressant, faudrait que j’essaie ça”, mais je n’ai rien fait. Je ne suis pas allé dans le food court d’un centre d’achats pour demander un verre d’eau, le boire et m’en aller. Pas plus tard que samedi soir, j’étais dans un bar, et j’étais gêné de demander seulement un verre d’eau, alors j’ai pris un shooter de vodka en plus.
Si je suis trop gêné pour demander des boîtes vides à l’épicerie, je me demande comment je vais arriver à l’inviter prendre un verre.
Ceux qui me connaissent savent que j’adore Otarie. Les autres, ben vous le savez maintenant. Pour moi, c’est la meilleure musique qui s’est faite au Québec en 2007. Si j’étais pas si timide, je demanderais Gaétane Montana en mariage, et si j’étais gay, je ferais la même chose avec Canine Sutto.
Dans le temps des Fêtes, ils ont sorti Baby y fait frette dehors, une adaptation française du standard Baby it’s cold outside. Vous pouvez l’entendre sur LeurSpace (en ce moment c’est la toune qui part à jouer tout de suite). C’est un duo coquin entre une fille qui doit partir et un gars qui veut la convaincre de rester.
Évidemment, Otarie traduit plutôt librement. Vers la fin, cet échange délicieux, que Canine (le gars) nous susurre avec son plus beau trémolo Gignac et qui me fera toujours sourire quand il se présentera dans mes écouteurs:
- Elle: T’es un ben bon gars…
- Lui: Attends donc de toucher ma graine…
- Elle: Mais tu comprends pas
- Lui: Je viens de la passer au lavabo
Je n’ai pas de frigo. J’ai une glacière sur le balcon. Je n’ai pas de poêle. J’ai un wok électrique et un micro-ondes. Et je n’ai pas de vaisselle (ou presque).
Dimanche matin j’avais envie de pain doré. (Je l’aurais fait dans le wok.) J’ai calculé que j’allais devoir acheter du lait, des oeufs, du pain, de la cannelle et du sirop d’érable. Seulement le sirop et la cannelle survivraient à ce déjeuner. Seulement le sirop d’érable survivrait à mon déménagement imminent. Ça regardait donc pour 5 à 8 piasses d’aliments qui allaient servir juste à un repas puis se retrouver aux vidanges.
Je suis allé au restaurant.
Crisse, j’arrête pas de suer. Je sais très bien pourquoi. Pour qui, en fait. Ça me prend une demi-heure et j’ai les dessous de bras qui trempent dedans, comme vos doigts. C’est tellement sexy. Ensuite je m’en rends compte, et ça me stresse, et je sue encore plus. Et là c’est rendu que je stresse d’avance à l’idée que je vais suer. Ce qui me fait suer encore plus et encore plus vite.
J’en suis réduit à essayer ce truc de Procrastinator. On a bien la science qu’on peut avoir.
On a remis ça au plus tard possible, mais là il faut vraiment que j’y aille. Je suis en retard sur mon retard habituel, gotta go. La porte est ouverte, j’ai le manteau sur le dos. On s’embrasse une dernière fois avant la prochaine fois. Ça devrait être juste un petit bec d’au revoir, mais on n’est pas capable de s’arrêter là. C’est pas long qu’on frenche. Et on fait bien ça. J’ai une main dans tes cheveux, et l’autre glisse vers tes fesses, puis descend le long de ta cuisse. Je te colle contre le mur, je me presse contre toi. Tu me fais de l’effet. Je suis déjà bien bandé. Tu le sais, tu le sens. Tu m’enlèves mon manteau. Nos mains se promènent sous nos vêtements, qui se retrouvent tous à terre avant longtemps. Et il n’y a plus rien d’autre que nos corps, nos sexes.
Le meilleur sexe, c’est celui qu’on est pas supposé avoir. J’en ai envie.