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le blog personnel d'Alexandre Simard

Archives de 2008

Symptômes

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Les guides de diagnostic utilisent habituellement une formule du genre: “Le patient exhibe au moins X des Y symptômes suivants” suivi d’une liste de symptômes puis de l’avertissement “Ces symptômes ne peuvent pas être expliqués par les Z raisons suivantes” et d’une autre liste.

Depuis quelques mois, je ne vais pas très bien. À l’occasion, je me permets un auto-diagnostic. Je compte mes symptômes, je vérifie qu’il y en assez et que je ne suis pas devenu toxicomane dernièrement. C’est le fun quand mon score baisse.

Mais j’ai aussi découvert une autre liste de symptômes, plus personnelle. Ce sont les signes qui me disent que je vais bien, que je vais mieux. Ce sont des envies, des gestes qui disparaissent complètement quand je ne vais pas bien et qui reviennent sans crier gare.

Tout à l’heure j’avais un petit creux et j’ai eu envie de manger une pomme. Je la croque en ce moment. Quand je ne vais pas bien, je ne mange pas de fruits. J’en achète, parce que je sais que ce serait bon pour moi d’en manger. Mais ils pourrissent tranquillement pendant que je mange des chips et des toasts au beurre de pinottes.

Les gens me conseillent: “L’activité physique, c’est bon pour les gens dans ta situation, ils l’ont dit à la radio l’autre jour.” Je pense qu’ils inversent la relation de cause à effet. Ce n’est pas parce que je fais du sport que je vais aller mieux. C’est parce que je vais mieux que je fais du sport. En tous cas, c’est comme ça pour la pomme. Quand j’en ai envie, c’est que je vais déjà mieux.

Le symptôme le plus évident de mon bonheur, c’est la musique. L’envie d’en faire, d’en écouter. Quand je ne vais pas bien, je vis dans le silence. En ce moment j’écoute Sans Pression. Shit’s real.

Rédigé par qbert72

10 décembre 2008 à 23:54

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Inventer un jeu

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Je traverse le parc Lafontaine à pied. Entre les terrains de pétanque et la patinoire de hockey en devenir, je croise deux adolescents. L’un deux jongle avec trois balles de tennis. L’autre se promène avec un cône de circulation (qu’il vient de dénicher, vraisemblablement) et cherche à le faire tenir à l’envers. Il finit par le coincer entre le banc et le plateau d’une table à pique-nique et semble satisfait. Il crie quelque chose à son ami, qui s’approche un peu. Il s’arrête à une quinzaine de mètres du cône, puis demande:

- On fait quoi, premier rendu à cinq?
- Es-tu malade? Premier rendu à un!

Il lance sa première balle, qui bondit trois ou quatre fois avant de s’arrêter un peu avant le cône.

- On a tu le droit aux bonds?
- Mettons que si tu l’as sans bond tu fais trois points. Avec des bonds, un point.

D’abord je souris de la contradiction. Le type qui suggérait “Premier rendu à un!” est le même qui suggère qu’un lancer vaille trois points. Quelle utilité? Mais surtout, cette scène m’émeut. Inventer un jeu avec les objets qu’on a sous la main, c’est une des grandes beautés de l’enfance. Ces ados ont gardé leurs cœurs d’enfant.

Rédigé par qbert72

7 novembre 2008 à 2:45

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Le stupre et la fornication

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Je vous ai déjà parlé d’xkcd, un webcomic pour les geeks. Son dernier strip m’a bien fait rire:

Ça m’a rappelé une partie de Boggle en famille, durant laquelle mon père avait trouvé le mot “stupre” (6 lettres, 3 points!) dans la grille de 16 lettres. Je ne me souviens pas de mon âge, mais ça ne faisait pas encore partie de mon vocabulaire. J’avais demandé:

- Qu’est-ce que ça veut dire?
- C’est comme dans l’expression “le stupre et la fornication”.

Évidemment, ça ne me disait rien de plus, mais il était clair que la discussion était close, et que j’allais devoir attendre un autre moment pour chercher ce mot dans le dictionnaire.

J’ai envie de crier à xkcd: “Si mon père peut le faire, toi aussi. Clitoris FTW!”

Accessoirement, j’ai aussi envie de lui dire que l’option ‘OSTRICH’, qu’il mentionne dans le TITLE de l’image (laissez votre souris au-dessus pour voir ce texte apparaître) le priverait du bonus de 50 points alloué pour l’utilisation de toutes ses lettres.

Rédigé par qbert72

21 octobre 2008 à 23:53

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Les Post-It dans les portes

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post-it note elvis

Où je travaille il y a une grande aire ouverte et quelques bureaux fermés autour. Les bureaux sont fermés par ce qui ressemble à des portes-patios, le screen en moins. Deux grandes vitres coulissantes, de dimensions égales. Quand une porte est complètement ouverte ou complètement fermée, l’image est presque identique. Alors il arrive ce qui arrive souvent avec les portes-patios: les gens se cognent à une porte fermée.

Évidemment, quand ça arrive aux autres, c’est très drôle. Mais pour la victime, c’est différent. D’abord, on se sent vraiment épais. Ensuite, on se rend compte qu’en plus d’être épais, on s’est vraiment fait mal. Enfin, on se retourne et on voit tout le monde qui rit ou se retient tant bien que mal de rire. Imaginez que c’est votre troisième journée dans la place, et ce n’est vraiment plus drôle.

Je suis en arrêt de travail depuis un mois et demi. Je passe au bureau des fois, mais seulement le soir ou la fin de semaine, quand il n’y a personne. (C’est con, parce que ce sont les gens que j’aime le plus de cet endroit, mais c’est comme ça que je file ces temps-ci.) Ça me permet de suivre de loin ce qui se passe. Je lis mes courriels, je vois les bureaux qui s’ajoutent, qui se déplacent. Mon bureau, où on avait d’abord logé temporairement un pigiste, et qui ne semble plus exister maintenant.

Et depuis quelques semaines, l’ajout graduel de Post-It dans les portes vitrées. Des mosaïques, plusieurs couleurs, plusieurs formats. Jamais rien d’écrit sur les petits papiers autocollants. J’ai cherché un sens, une logique. Une nouvelle forme d’art? Puis j’ai cru à une inside joke, qui commence dans un bureau et qui se répand à tous les autres tranquillement, parce que tout le monde aime la joke et veut la perpétuer. On est bons là-dedans où je travaille.

Cet après-midi je suis passé là-bas et je n’étais pas seul. Mon ami, collègue et partenaire squatteur de bureau y était. Il m’a mis au courant des derniers développements. Comme je n’ai plus de poste de travail, je ne prends plus mes emails, et je traîne de la patte dans les actualités. Puis je me suis informé à propos des Post-It. “Ah ça? Y avait de plus en plus de monde qui se cognait sur les portes.” Fiat lux! C’est une mesure de sécurité. Simple et efficace: maintenant on voit très bien quand une porte est fermée.

Ensuite j’ai eu envie de raconter cette révélation anodine. C’est le genre de petite chose banale qu’on ne peut que partager avec des gens qu’on voit régulièrement: un coloc, une blonde. Je lui aurais déjà parlé du mystère des Post-It, et sans raison particulière j’aurais lancé: “Oh tu sais l’histoire des Post-It dans les portes? J’ai enfin appris c’était pourquoi!” Mais je vis seul, et je n’ai plus de blonde. Alors je raconte ça ici. J’imagine que c’est une des raisons derrière ce blog: il est mon compagnon quotidien imaginaire.

Rédigé par qbert72

19 octobre 2008 à 6:06

La mort d’un jeune homme

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Je ne le connaissais pas tant que ça. Il habitait avec un de mes amis. Une ou deux soirées passées à boire avec mon ami et lui, pas plus. Nous écoutions de la musique. Nous parlions de musique. Il avait une table tournante et des vinyles. Il écoutait du reggae. Il m’avait convaincu que du vieux Claude Dubois, c’est pas si mal.

Aujourd’hui, il n’est plus là. La police parle d’un « bête accident ». C’est plus que bête, c’est immensément triste. Repose en paix, Olivier.

Rédigé par qbert72

2 août 2008 à 17:41

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Montée de lait

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Je vous ai déjà parlé de Frédéric Guindon quand il a lancé l’édition 2007 du Grand recueil de la bonne musique. Je suis aussi un fan de son blog, qui m’accroche régulièrement un sourire au visage.

Dernièrement, l’homme visitait l’Europe, et son blog a servi de carnet de voyage. Dans un de ces articles, Guindon raconte qu’il voulait louer une voiture en Italie et qu’il a passé proche de payer Hertz quasiment le double de ce que lui demandait National pour une auto équivalente. S’ensuit:

MÉGA-GIGA-TERRA FUCK HERTZ ! GANG DE CROSSEURS DE COCHONS MORTS ! VERMINES SANS ISSUES ! HABITANTS DE TROIS-RIVIÈRES ! JOUEURS DE HUITIÈME TRIO ! RESTANT DE MARDE SUR LE BORD DE LA CUVETTE QUE JE SUIS OBLIGÉ DE FROTTER AVEC UNE BROSSE QUAND J’AI LA DIARRHÉE ! MANGEURS DE GÉSIERS ! COLOCATAIRES DE CHARLES LAFORTUNE ! MOUSSES DE RAIE ! FOURREURS DE TROUS D’ASPIRATEUR CENTRAL !

Meilleure montée de lait que j’ai lue depuis longtemps, qui justifie amplement l’utilisation du ALL CAPS. J’hésite entre “restant de marde” et “colocataire de Charles Lafortune” comme insulte favorite.

Rédigé par qbert72

28 juin 2008 à 19:11

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Voilà l’été

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Je ne suis pas du genre à me rappeler des dates importantes tout seul. En fait, c’est que je sais rarement quel jour du mois on est. Tantôt j’étais sur mon balcon en train de rénover mon Muxtape et je trouvais qu’il faisait clair vraiment tard. Je me suis dit que c’était parce qu’on approchait du solstice d’été. Puis j’ai regardé la date et je me suis rendu compte qu’on ne s’en approchait plus et que c’était en fait aujourd’hui. Alors même si c’est seulement un concours de circonstances, je vais prétendre que mon nouveau Muxtape a été pensé comme une célébration de l’arrivée de la belle saison:

C’est un mix à tendance électronique avec un seul but: vous faire danser. C’est probablement mieux si vous en avez déjà envie quand vous le partez, parce que ça démarre pas mal sur les chapeaux de roues et le piton reste collé pour un bout. Pas trop de build up ici: à vous de vous réchauffer avec 2 ou 3 de vos party favorites.

Rédigé par qbert72

22 juin 2008 à 0:14

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The Flight of the Conchords

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The Flight of the Conchords, c’est un duo de musiciens humoristiques de la Nouvelle-Zélande. Ils se sont surtout fait connaître grâce à une série télé diffusée sur HBO l’année dernière.

La série raconte les déboires du groupe alors qu’il tente de percer à New York. Les personnages sont tous un peu des lovable losers, les intrigues sont délicieusement ténues, les accents sont à couper au couteau et deux ou trois fois par épisode, en plein milieu de l’action, Bret et Jemaine commencent à chanter, puis la musique démarre et on se retrouve dans un mini-clip ayant rapport avec le thème de l’épisode, comme par exemple ce Business Time qui est presque une adaptation chantée d’un de mes textes. C’est un humour décalé auquel il est difficile de rendre justice par écrit.

Je me permets de regarder un épisode par semaine (un seul, je veux faire durer le plaisir!) et à chaque fois il y a au moins un moment où je ris à gorge déployée et je me tape les cuisses, tout seul dans mon salon. J’aime quand on sait me faire rire ainsi.

Dans le dernier épisode que j’ai vu, le duo est pris au milieu d’une race war avec l’Indien qui tient l’étal de fruits et légumes au bas de leur immeuble et qui refuse de leur vendre des fruits, parce qu’il “don’t want any trouble with your kind”. Vers le milieu de l’épisode, après 2 ou 3 altercations, Bret décide de confronter le marchand:

-I’m not going anywhere ’till I get a Red Delicious and a banana.

Le marchand s’empare de son épluche-fruits, et la suite est ici:

Je ne sais pas si c’est possible d’apprécier un extrait comme ça hors contexte, mais il y a beaucoup de choses qui viennent me rejoindre et me faire rire là-dedans. D’abord, j’aime la chanson grivoise. J’aime quand on parle de cul, ou quand on ose placer des gros mots. Par contre, quand c’est mur à mur et sans esprit, comme trop souvent dans la musique hip hop, ça m’ennuie. Manifestement, ça ennuie aussi The Flight of the Conchords.

J’adore comment ils émulent les suspensions pneumatiques des chars de pimps sur leurs vieux vélos. J’aime comment ils transforment juste un peu les mots pour ne pas se faire beeper. Mais par-dessus tout, je ne peux pas résister au 2e couplet, celui du petit barbu Bret qui “oublie” petit à petit d’utiliser les variantes acceptables et cause un festival de beep. Et la finale de ce festival me fait m’écrouler de rire à chaque fois.

Merci à Catherine de m’avoir fait découvrir ces délicieux kiwis.

Rédigé par qbert72

18 juin 2008 à 0:07

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Naughty girls need love too

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Est-ce qu’une fille peut se permettre de coucher avec un gars dès la première date? La sagesse populaire dit que ce n’est pas une bonne idée, parce que la fille va passer pour une “fille facile” et que le gars va se pousser dès qu’il aura eu son nananne. Cette pauvre femme ne trouvera jamais un homme pour l’aimer vraiment. Mes contre-arguments:

Si c’est ce genre de gars, il va se pousser de toute façon dès qu’il aura épinglé sa cible à son tableau de chasse, que ce soit après une ou trois dates. Autant régler ça le plus tôt possible plutôt que d’essayer de transformer artificiellement une baise d’un soir en idylle, non?

Mais le plus important, c’est qu’en agissant stratégiquement, selon ce qu’elle conçoit plutôt que selon ce qu’elle ressent, la fille qui se refuse ce plaisir s’empêche de démarrer une relation du bon pied. Si tu es une jouisseuse qui aime le sexe, tu as besoin d’être aimée par un gars qui aime ce trait en toi. En le cachant dès le début, tu empêches peut-être le bon gars pour toi de t’aimer et tu encourages peut-être le mauvais à s’amouracher.

Il n’y a pas d’intérêt à cacher sa vraie nature dans une histoire d’amour. Elle sortira au grand jour tôt ou tard, et c’est préférable de s’aimer pour ce qu’on est vraiment que pour ce qu’on pense que l’autre voudrait qu’on soit. En fait, c’est la seule façon d’être heureux en amour.

Rédigé par qbert72

15 juin 2008 à 4:07

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Octo-Puce

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1983. Le micro-ordinateur commence à faire son entrée dans les maisons. Radio-Québec, n’écoutant que son grand coeur et sa mission éducative, diffuse Octo-Puce:

Ce vidéo dure trois heures. Je ne l’ai pas regardé au complet encore, mais je suis déjà tombé sur des perles comme celle-ci:

- M. Viau, est-ce qu’on peut dire que le micro-ordinateur est véritablement le prolongement du cerveau humain?
- Moi je pense que oui.

Rédigé par qbert72

15 juin 2008 à 3:59

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