Archive

Archives mensuelles : septembre 2007

Quand je fais l’épicerie, j’apporte toujours mon iPod, parce que je suis incapable de supporter la musique qui y joue.

Hier j’ai fait une commande impromptue, et je n’avais pas mon Shuffle sur moi. “Vous écoutez Radio-Métro”, que ça disait entre chaque toune pop poche d’une chanteuse qui blowe au lieu de chanter. Je courais dans les allées pour en finir au plus vite. Et soudain, quand je ne sais plus laquelle eut fini de s’époumonner pour nous faire comprendre qu’elle était “VIVAAAAAANNNTE”, un piano timide a commencé à jouer, et une voix chevrotante a entonné:

“Bad day… looking for a way… home… looking for a great escape…”

Ça m’a arrêté tout sec.

J’aime Patrick Watson un peu plus à chaque écoute. Le seul ennui, c’est qu’il me fait le même effet que Bjork: je pleure quasi instantanément quand j’en entends.

Je remercie le DJ de Radio-Métro qui m’a fait verser une larme entre les pains et l’eau embouteillée.

En fin de semaine ma toilette a pété. L’anse du clapet s’est rompue et la chaîne tirait dans le vide.

N’écoutant que mon instinct de mâle bricoleur, je ferme l’eau, vide le réservoir, enleve le clapet défectueux, le met dans un sac en plastique parce qu’il tachait les doigts pas mal, et je pars à la quincaillerie. Il y a tout un étalage de clapets de remplacement. Je prends celui qui ressemble le plus au mien, et je repars avec deux clapets dans mes mains, chacun dans son petit sac en plastique transparent.

Un coin de rue plus tard, un gars et une fille traversent la rue devant moi. Ils sortent de la pharmacie. La fille est grande, belle et bien roulée. Le gars est petit, chauve, et a l’air au moins dix ans plus vieux qu’elle. Comme toujours, j’assume qu’ils sortent ensemble. J’éprouve un pincement de jalousie: comment ce genre de gars réussit-il à se taper ce genre de fille?

Ils tournent et marchent dans la même direction que moi, un peu en avant. J’entends leur conversation. C’est surtout la fille qui parle. Le gars se contente de “Ah oui?”, “Ah non!” et autres signes d’attention. Elle raconte avec beaucoup d’émotion que ça lui arrive des fois d’en manquer. “Ah oui?” Oui oui, ça lui arrive assez souvent d’avoir envie et d’en manquer. “Ah non!” Dans ce temps-là, elle sort et s’en va vite vite à la pharmacie pour en acheter.

Je comprends alors pourquoi ce genre de gars réussit à se taper ce genre de fille. Il est prêt à l’écouter. Et je pense à Plume et à la fin de Chatte de daure: “Même un beau cul ça fait de la marde.”

Mon clapet de remplacement était bon. Si cette fille habitait chez moi, elle pourrait de nouveau flusher dans la joie. Et je prendrais soin qu’elle ne manque jamais de papier pour essuyer son beau cul.

J’aimerais démarrer un mouvement contre la météo.

Avez-vous remarqué que ce qu’on vous annonce est 100% correct quand il est question du temps qu’il fait maintenant, à peu près 70% correct à propos du temps du lendemain, et autour de 50% correct dès qu’on va plus loin dans le futur? Trop de gens planifient leurs activités en se basant sur ces prévisions aléatoires.

Supposons que vous devez choisir entre les deux prochaines fins de semaine pour aller dans les Laurentides voir le “festival des couleurs”. Votre premier réflexe sera peut-être d’aller inspecter les prévisions à long terme de Météomédia. À quoi cela sert-il? La prévision pour le samedi de l’autre semaine (dans 10 jours!) a le temps de changer 5 fois d’ici là. Même à 2 jours d’avance, vous ne pouvez pas vous y fier. Faites donc vos plans comme vous l’entendez, et modifiez-les le jour même si le temps ne s’y prête plus.

Ne soyez pas esclaves de la météo. Ne vous empêchez pas de faire des activités à l’extérieur parce qu’”ils annoncent de la pluie”. Si ça se trouve, il n’y en aura pas, et vous allez être seuls dans les Laurentides parce que tout le monde sera resté à la maison à cause de Météomédia.

De plus, avez-vous vraiment besoin d’entendre ou de regarder un-e diplômé-e en communications en début de carrière vous répéter aux quinze minutes le temps qu’il fait maintenant, celui qu’il fera dans quelques heures, dans un jour et en fin de semaine? Même en dehors des chaînes spécialisées, la météo occupe une part démesurément grande du temps d’antenne dédié à l’information. Entre la météo, Cédrika, les accommodements raisonnables et les derniers potins de Canadien, combien de temps reste-t-il pour nous informer réellement?

Peut-être que je devrais plutôt démarrer un mouvement contre la télé et la radio…

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.