The Perfect Troll

Je vous encourage à lire le titre de cet article sur l’air de The Perfect Drug the Nine Inch Nails, juste parce que. Aussi, à compter du paragraphe suivant, vous lisez le monologue intérieur de Richard Martineau durant l’écriture d’« Une journée à Bozoland ».

Ah shit, ma chronique. J’allais l’oublier. Combien de temps il me reste? Une heure. All right, let’s go. Pas le temps de chercher un sujet d’actualité, va falloir fouiller dans les classiques. Islamisme? Me semble que ça fait pas longtemps que je l’ai refaite, celle-là. L’État-maman? Oui, peut-être. Je me trompe-tu ou la dernière fois y a eu vraiment moins de commentaires pis de shares? Oh! Les enfants-rois! Ça doit ben faire 2 semaines que j’ai pas écrit là-dessus. Pis peu importe ce que j’écris, c’est sûr qu’y a des parents qui vont grimper aux rideaux. Trop facile. We have a winner.

Bon. Un angle, astheure. Un angle, un angle, un angle. Envoye, Richard, the clock is ticking. Oh! Les vacances de la construction. Les parents avec leurs enfants en vacances. Les parcs d’attractions! Bingo. Faudrait pas que j’oublie de ploguer « pères émasculés », ça marche toujours.

Attends minute. Émasculation… féminisme! Je peux-tu m’arranger pour blâmer le féminisme pour les enfants-rois? Ouain. Si je fais ça, les hommes risquent d’être d’accord avec moi. C’est un peu du gaspillage. Normalement, avec ce sujet-là, je peux choquer pas mal tout le monde. Faudrait trouver une façon plus subtile de troller les féministes. Think, Richard, think. C’est toi le meilleur. T’es capable.

[…]

Shit, je trouve pas. Bon, je vais commencer par écrire les bouts sur les parcs d’attractions pis comment c’est à dégoûter des enfants. Oh shit. Je viens de le trouver mon lien pour attraper les féministes: la contraception. Je présente une visite au parc d’attraction comme un moyen de contraception sans faille et je prends bien soin de le recommander seulement aux adolescentes. Pas aux garçons. La contraception, uniquement une affaire de filles = des féministes enragées sur mon cas. T’es en feu, Richard, t’es en feu.

[bruits de clavier]

Ça prend forme, ça prend forme. La contraception, ça fait un bon lead. Si « Ils feraient passer Kim Jong-un pour Passe-Carreau » fait pas sortir quelques commentaires de parents, je prends ma retraite. Je vais la sauver dans mon classeur de comparaisons éhontées. On n’en a jamais assez en banque.

[autres bruits de clavier]

Bon j’ai une conclusion, je pense. Mai 68, c’est n’importe quoi, mais il doit bien rester une couple de vieux communistes que ça va fâcher. Ouain. Y a sûrement moyen de troller la gauche mieux que ça. Envoye, Richard, t’as presque ça dans le sang, astheure.

[…]

Crisse. Je trouve rien. Ah pis fuck it, go pour l’islam même si ça fait juste 2 jours. C’est juste trop efficace:

On se croirait en Arabie Saoudite.

OK. Mais pourquoi? Astie, même moi je suis pas capable de trouver une comparaison boîteuse. Combien de temps il reste? 5 minutes? Tabarnak. Ok. Burqa, sheiks, whatever.

[derniers bruits de clavier]

All right. Send.

Mourir sur une piste: réflexion sur l’accident de Tony Stewart

Altercation entre Tony Stewart et Joey Logano
Altercation entre Tony Stewart et Joey Logano

J’en ai déjà parlé. Je suis probablement le gars de char le plus éloigné du stéréotype du gars de char. Mais c’est comme ça. J’aime les machines avec des roues et des moteurs. J’aime le sport motorisé. Je n’emploie plus l’expression « course automobile » parce que je m’intéresse maintenant aussi au MotoGP.

Le sport motorisé, ça englobe pas mal d’affaires. De la Formule 1 et ses millions de dollars aux 24 Hours of Lemons où le prix de la voiture est limité à 500$, il y a des courses pour tous les goûts et tous les budgets. L’intérêt est le même: les sensations fortes, le dépassement (de soi et des autres) et le danger.

Ce n’est jamais exprimé directement, mais les pilotes eux-mêmes éprouvent sûrement un plaisir particulier à défier la mort à chaque course. Les partisans aussi apprécient l’appréhension du gros accident. À Indianapolis, il porte même un nom: The Big One. Au départ des 500 miles, ils sont près d’un demi-million sur place à retenir leur souffle, le Big One en tête. C’est la sensation forte ultime, en quelque sorte.

Quand ce genre d’accident se produit, tout change, d’un coup. Il n’y a plus de plaisir pour personne. Que de la tristesse, instantanée, qui se répand rapidement dans toute la communauté du sport motorisé, à travers toutes les disciplines et les classes. Les pilotes veulent défier la mort, les fans veulent la craindre mais personne ne souhaite qu’elle se présente vraiment. Mais ça arrive.

À ce moment-là, on dirait que toute l’absurdité de ce sport nous frappe en plein visage. Pourquoi tant de bruit, tant d’argent, tant de pollution si c’est pour que des jeunes gens en pleine santé y meurent? L’absurdité de nos émotions frappe aussi. Pourquoi tant de peine pour ces pilotes et pas pour les civils qui meurent en Palestine, par exemple? Parce que les pilotes ont un visage pour nous? Ces victimes de la piste, on peut les nommer sur le champ. On ne les oublie pas. Souvent, la mort d’un pilote a été notre première expérience du deuil. Pour moi, ça a été Gilles Villeneuve.

Ayrton Senna est le dernier pilote de Formule 1 mort en piste, en 1994, mais je suis aussi triste, sinon plus, pour Roland Ratzenberger, décédé la veille au volant d’une minable Simtek, à son troisième Grand Prix. Et si la Formule 1 vit une accalmie miraculeuse depuis 20 ans, ce n’est pas le cas dans tout le sport motorisé. Gonzalo Rodriguez, Jeff Krosnoff, Greg Moore, Dan Wheldon, Marco Simoncelli, Daijiro Kato, Sébastien Enjolras, Allan Simonsen, Dale Earnhardt, Kenny Irwin Jr., Michael Park, Jörg Bastuck: tous des pilotes qui sont morts en piste depuis 20 ans dans la classe la plus élevée de leur discipline. Dans les classes mineures? Des dizaines, sinon des centaines d’autres.

Hier soir un homme de 20 ans est décédé en piste. Il s’appelait Kevin Ward Jr. Sa mort est peut-être la plus absurde et la plus triste de toutes. Pour la comprendre, ça prend un peu de contexte à propos du sport automobile aux États-Unis.

En Europe et dans le reste du monde, la classe de sport automobile la plus populaire est la Formule 1: des voitures monoplaces à roues ouvertes à la fine pointe de la technologie. Au États-Unis, l’équivalent en popularité, c’est la Sprint Cup de NASCAR: des stock cars (à l’origine, des voitures de séries modifiées, maintenant des voitures de course avec une carrosserie se rapprochant d’une voiture de série) qui roulent surtout sur des pistes ovales.

En Formule 1 et dans toutes ses classes-écoles, les gagnants se distinguent par la précision et la régularité de leur pilotage. Avec leurs roues exposées, les voitures monoplaces ne laissent aucune place à l’erreur. Le plus petit contact avec une clôture ou une autre voiture peut plier une suspension et mettre un terme à votre course.

Les roues des voitures NASCAR sont protégées par la carrosserie, ce qui leur permet de survivre à certains contacts. Comme les circuits ovales présentent aussi des courbes inclinées vers l’intérieur, il est possible pour plusieurs voitures de rouler côte-à-côte tout autour du circuit. Les touchettes sont fréquentes, elles font même partie de la stratégie de course. (Une expression colorée en découle: « They traded paint. » Ils ont échangé la peinture de leurs voitures.) En prenant la ligne intérieure, on se donne la possibilité de pousser le concurrent d’à côté, contre un autre concurrent ou contre le mur extérieur, ce qui le ralentit. L’intimidation joue donc un rôle important dans les courses NASCAR. Dale Earnhardt, légende du sport, portait d’ailleurs le surnom The Intimidator.

Souvent, l’intimidation va trop loin et elle cause des accidents. La guerre psychologique passe alors à un autre niveau. Le pilote victime en veut à son bourreau, promet de lui rendre la pareille dans une prochaine course. Des conflits naissent. Il n’est pas rare que des pilotes en viennent aux coups. Ça fait partie du sport, les fans en redemandent. Ils en font même des compilations sur Youtube.

Une voiture sprint

Une voiture sprint

L’autre caractéristique spécifique du sport automobile américain et du NASCAR en particulier est plus culturelle. Alors qu’il est pratiquement impossible d’atteindre la Formule 1 sans bénéficier d’un appui financier important très tôt dans sa carrière, la gloire du NASCAR demeure accessible à tous, conformément au rêve américain. Il y est même mal vu de provenir d’une famille riche. Avant d’atteindre les séries officielles de NASCAR, on fait ses classes dans des courses sprint, qui sont disputées sur des anneaux de terre battue au volant de ce qui n’est pas très loin d’un « dune buggy » auquel on ajoute un V8 modifié et un immense aileron. Ce n’est pas le 24 Hours of Lemons, mais c’est suffisamment peu coûteux que de telles courses sont disputées régulièrement un peu partout aux États-Unis.

Comme les pilotes NASCAR font partie du « vrai monde » accessible (ce n’est pas seulement une façade publicitaire, c’est authentique), il leur arrive de participer à des courses sprint. Pour garder la main, pour faire plaisir à leur fans, pour repérer les pilotes prometteurs, ou tout simplement pour le plaisir. Hier soir, Tony Stewart, triple champion NASCAR et vedette du sport, participait justement à une telle course à Canandaigua (N.Y.), à la veille d’une épreuve NASCAR non loin de là.

Au 14e tour de la course, il se retrouve dans une situation familière: sur la ligne intérieure d’une courbe  à gauche (on tourne toujours à gauche sur les ovales), avec un concurrent à sa droite. Comme il l’a déjà fait des dizaines de fois, il se laisse déporter vers l’extérieur, coinçant petit à petit son rival, jusqu’à ce que celui-ci dérape et frappe la clôture. Crevaison, abandon, drapeau jaune, tous les pilotes en piste doivent ralentir. Le pilote coincé par Stewart, Kevin Ward Jr., est furieux. Il sort de sa voiture et, comme il a vu ses idoles (dont Tony Stewart lui-même) le faire maintes et maintes fois en Sprint Cup, il attend que les voitures reviennent vers lui, pointe vers la voiture de Stewart et s’avance vers elle en brandissant le poing.

La suite est terrible. Stewart lui roule dessus. Ward Jr. est écrasé par la roue arrière, puis projeté violemment. Il s’immobilise plusieurs mètres plus loin, inconscient. Il sera déclaré mort à son arrivée à l’hôpital. Si vous avez le coeur solide, vous pouvez regarder le vidéo ci-bas.

Comment cela a-t-il pu se produire? Selon certains témoins, Stewart aurait accéléré, sans doute pour intimider son concurrent. En accélérant, il aurait causé un dérapage de sa voiture. En dérapant, elle aurait glissé vers Ward Jr. D’autres prétendent que Ward Jr. s’est tout simplement trop avancé vers la trajectoire de Stewart et que ce dernier ne pouvait pas l’éviter. Personne n’accuse Stewart d’avoir volontairement foncé sur un concurrent, mais une enquête policière est en cours. Stewart a déclaré forfait pour la course d’aujourd’hui, a offert ses « thoughts and prayers » à la famille du défunt et, pour l’instant, n’a émis commentaire quant aux circonstances de l’accident.

Ce qui rend cet accident si terrible, c’est que ce n’en est presque pas un. D’habitude, on trouve toujours une cause évitable au décès, à laquelle on s’empresse de remédier: on change les clôtures, on légifère pour diminuer la vitesse dans les puits, on modifie un tracé. Dans ce cas-ci, la cause de l’accident est la culture même de la course automobile. Pour y remédier, il faudrait mettre un terme à ce sport.

L’hiver

L’autre jour, on se demandait si Luc était un tit man ou un ass man. J’essaie depuis ce temps de statuer sur mon cas. Je viens de comprendre que je ne suis un ni l’autre. Je suis un leg man. Ce qui attire d’abord mon regard, c’est une jambe longue et fine. Ça explique pourquoi, contrairement à bien du monde, j’aime beaucoup regarder les filles en hiver. Avec leurs gros manteaux, on dirait qu’elles ont toutes des jambes comme je les aime.

La mort des cafés

Île sans filIl est 18h00. Le café est plein. Un couple et leur jeune enfant s’installent à côté de moi. Je me concentre sur l’écran de mon laptop, j’essaie de continuer de travailler, mais la petite fille ne l’entend pas ainsi. Plusieurs fois, elle vient se planter à côté de moi, puis se tient immobile. Je peux presque sentir sa respiration. Plus je l’ignore, plus elle revient. Elle commence à essayer de me parler. Je ne bronche pas. Ses parents rigolent bien. Je décide de changer de café.

L’ambiance est toute autre. C’est presque vide. Trois messieurs âgés attablés à l’avant. C’est tranquille. J’ai un peu l’air de déranger le tenancier, par contre. Il est occupé à ranger et frotter derrière son comptoir. Il s’arrête et se tourne vers moi:

– Oui?
– Un allongé, s’il-vous-plaît.
– Avec du lait?
– Non, pas de lait, merci.
– Pour emporter?
– Non, pour ici. Tiens, je vais même m’asseoir au bar.

Il prépare mon allongé, j’ajoute un brownie à ma commande. Je m’attends à ce qu’il me jase ça un peu (me suis pas installé au bar pour rien), mais pas pantoute. Il a dû faire ses classes au Olympico, où il faut être un habitué de plusieurs années pour avoir droit à un sourire. Mais on s’en fout un peu parce que le café est bon. Le sien est pas mal.

Je sors mon ordinateur pour recommencer à travailler. Il y a pas loin d’une quinzaine de réseaux sans fil dans le coin, mais aucun n’est ouvert ou ne porte un nom se rapprochant de celui du café. Je referme mon laptop et le laisse devant moi sur le comptoir. Mon barrista est encore très occupé à bouger des trucs et passer le chiffon. J’ose pas le déranger avec mon désir de WiFi. Je le regarde aller et je me dis qu’il va se tourner vers moi à moment donné. Je lui demanderai à ce moment-là. Mais il ne se tourne pas. Quand il le fait, il m’ignore.

Un brownie et un allongé, ça passe vite. J’ai presque fini. Il quitte le comptoir pour essuyer les tables. Il passe à côté de moi, je le regarde avec des yeux suppliants. Ça fonctionne!

– Tout va bien?
– Oui, c’est très bon.

Il continue de marcher vers les tables, je vais le perdre.

– Je me demandais s’il y avait un réseau sans-fil que j’aurais le droit d’utiliser.
– Non, y a pas d’Internet ici. Le WiFi, c’est la mort des cafés.
– …
– Les cafés où il y a du WiFi, le monde pense que ça marche parce que c’est plein, mais c’est rempli d’étudiants qui font leur devoirs. Ils prennent un espresso pis huit verres d’eau, restent 6 heures pis après ça ils laissent 2 piasses de tip.
– On dirait que tu décris le café d’où j’arrive. C’était plein, bruyant, je suis parti.
– Si tu savais le nombre de jeunes qui rentrent ici avec leur pack sack pis qui me demandent si j’ai du WiFi. Je les envoie toutes là-bas.
– …
– J’en ai eu au début, du WiFi. Les tables étaient pleines d’ordinateur, le monde se parlait plus. C’est pas le genre d’ambiance que je veux ici.

Tout en parlant, il replace des chaises, astique des tables.

– Je veux que les gens viennent relaxer, décompresser.

Il replonge dans son mutisme et ses tâches ménagères. Les dernières clientes règlent. Je termine mon brownie et je quitte. Il reste seul dans son café.

Les boules – une fan fiction « L’ostie d’chat »

lostiedchat

TL;DR: Un scénario inédit de L’ostie d’chat, écrit par moi en septembre 2011. Downloade-ça ici.

Connaissez-vous L’ostie d’chat? Vous devriez. C’est une bande dessinée fleuve réalisée au fil des années par Iris et Zviane, deux artistes bourrées de talent, et publiée en feuilleton sur le web. L’œuvre est maintenant terminée et elle fait plus de 500 pages, le même nombre que les mythiques Carottes de Patagonie de Lewis Trondheim. Le lien n’est pas que fortuit, puisque, une fois terminé, L’ostie d’chat a été publié en trois tomes chez Delcourt, dans la prestigieuse collection Shampooing dirigée par Trondheim lui-même. Bref, ce chat n’est pas de la petite bière.

Si vous êtes courageux et/ou cheap, il y a deux façons de lire L’ostie d’chat gratuitement sur le web:

  1. En lisant à l’envers sur le blog où il fut publié originalement. (Si vous voulez lire à l’endroit, servez-vous du calendrier.)
  2. En lisant à l’endroit sur l’archive montée par Zviane à cet escient. (Attention à ce que le bouton Back de votre fureteur ne développe une tendinite, toutefois.)

Sinon, achetez-le donc. Vous ne le regretterez pas. (Disponible dans toutes les bonnes librairies.)

Comme je le disais plus haut, L’ostie d’chat a vu le jour sur le web. Les auteures sont encore attachées à ce média, puisqu’elles continuent d’alimenter le blog de Jean-Sébastien et Jasmin (les deux personnages principaux, qui publiaient eux-mêmes les pages du livre) avec des extras, du fan art et des nouvelles, comme elles l’ont fait tout au long de la publication originale. À cette époque, Zviane et Iris célébraient chaque centaine de pages publiées en invitant un-e special guest à réaliser une courte histoire reprenant l’univers de L’ostie d’chat.

Alors que le Tome 1 sortait en librairie, les auteures nous ont invités, Luc et moi-même, en tant que special guests. Notre BD serait publiée pour fêter la 500e page, juste avant le dénouement final. Quel honneur elles nous faisaient! Si vous suiviez le blog à cette époque, vous avez déjà lu ceci en introduction au special guest de Sophie Bédard:

On a demandé à quelqu’un y a dix milliards d’années, qui a finalement choké pour diverses raisons – il nous assure qu’il va un jour livrer la marchandise, mais on a préféré demander à quelqu’un d’autre.

Ceux qui me connaissent savent que je suis un chokeux de première catégorie. J’y suis tellement habitué que je me sens maintenant à peine coupable quand ça m’arrive. Mais ce chokage-là, il m’a vraiment fait de la peine.

J’ai bel et bien écrit un scénario. Sauf que j’ai pris du temps à le faire et qu’il était très long. 18 pages et demie de scénario, ça équivaut à une quarantaine de pages une fois dessinées. Il y avait une échéance fixe: Iris et Zviane devaient mettre en ligne la conclusion du feuilleton à temps pour la sortie en librairie et notre histoire devait être publiée avant la conclusion, évidemment.

Ça ne laissait que quelques jours à Luc pour dessiner 40 pages, ce qui constitue déjà un travail titanesque, avant même qu’on tienne compte de son état de santé et de son horaire chargé d’éditeur. Quelques pages dessinées existent dans les dossiers de Luc. On a discuté d’en faire un projet collectif, i.e. d’avoir des special guests dans le special guest, mais le temps passait, l’intérêt diminuait et c’est mort au feuilleton (ha!).


La semaine dernière, Zviane et Iris lançaient le fanzine L’ostie d’chat – Les bonus, un petit livre publié à compte d’auteures qui collige tout ce qu’elles ont continué à créer après la fin de l’histoire. Ça m’a rappelé mon scénario. Je l’ai relu. Pis je l’aime encore. Et je trouve ça dommage qu’il dorme sur le disque dur de mon ordinateur. Alors le voici:

Les boules – Un épisode de L’ostie d’chat

Je le publie sous Create Commons BY-NC-SA 3.0. Ça veut dire que si ça vous tente de le dessiner, vous avez d’avance ma permission, tant que vous mettez mon nom quelque part (je vous encourage à mettre ceux d’Iris et Zviane aussi) et que vous ne faites pas d’argent avec ça.

Si vous ne savez pas dessiner, vous pouvez quand même lire le scénario, évidemment! Ça vous donnera une idée de ce que je fournis comme matériel source à Luc pour la série Yves. J’ai bien dit « série ». Le deuxième tome s’en vient.